Les droits de succession entre frères et sœurs se calculent après un abattement de 15 932 € par héritier, puis au taux de 35 % jusqu'à 24 430 € de part taxable et de 45 % au-delà. Un frère ou une sœur est totalement exonéré s'il était célibataire, veuf, divorcé ou séparé, âgé de plus de 50 ans ou invalide, et domicilié avec le défunt pendant les 5 ans précédant le décès.
Combien paie un frère ou une sœur sur une succession ?
Un frère ou une sœur paie 35 % sur les 24 430 premiers euros taxables et 45 % sur le surplus, une fois déduit l'abattement de 15 932 €.
Ce barème est fixé par l'article 777 du Code général des impôts (Légifrance). Il est nettement plus lourd que celui de la ligne directe, où le taux atteint 20 % pour la plupart des successions, mais plus favorable que le taux de 55 % applicable aux neveux et aux cousins. Le calcul se fait héritier par héritier :
- part nette de chaque frère ou sœur dans la succession (actif moins dettes) ;
- ajout des donations reçues du défunt depuis moins de 15 ans ;
- déduction de l'abattement de 15 932 €, s'il n'a pas été consommé par ces donations ;
- application de 35 % puis 45 % sur le solde.
En pratique, au-delà de 40 362 € reçus, chaque euro supplémentaire est taxé à 45 %. Pour situer ce barème par rapport aux autres liens de parenté, consultez notre guide sur le calcul des droits de succession.
Quand un frère ou une sœur hérite-t-il ?
Sans testament, les frères et sœurs héritent lorsque le défunt ne laisse ni enfant ni conjoint. Si les parents sont vivants, chacun reçoit un quart et les frères et sœurs se partagent le reste. Si le défunt était marié sans enfant ni parent, le conjoint hérite de tout, mais les frères et sœurs peuvent récupérer la moitié des biens de famille reçus des parents (droit de retour légal). Le partenaire de PACS et le concubin n'héritent qu'en vertu d'un testament, comme l'explique notre article sur la succession d'un célibataire.
Quel abattement entre frères et sœurs ?
L'abattement entre frères et sœurs est de 15 932 € par héritier, en succession comme en donation (article 779 du CGI).
- Il est individuel : trois frères et sœurs héritiers bénéficient chacun de 15 932 €.
- Il se recharge tous les 15 ans : une donation reçue du frère défunt dans les 15 ans précédant le décès consomme tout ou partie de l'abattement, et éventuellement la tranche à 35 %.
- Il se cumule avec l'abattement handicap de 159 325 € pour un frère ou une sœur atteint d'une infirmité qui l'empêche de travailler dans des conditions normales.
- Il bénéficie aussi aux neveux qui représentent un frère ou une sœur prédécédé ou renonçant : ils se partagent les 15 932 € et profitent du même barème, comme l'explique notre page sur les droits de succession des neveux.
Les demi-frères et demi-sœurs sont des frères et sœurs au sens fiscal : ils bénéficient du même abattement et du même barème.
Exonération des droits de succession entre frères et sœurs : conditions
Un frère ou une sœur est exonéré de droits de succession s'il remplit trois conditions cumulatives au jour du décès (article 796-0 ter du CGI).
- Situation familiale : être célibataire, veuf, divorcé ou séparé de corps.
- Âge ou santé : avoir plus de 50 ans, ou être atteint d'une infirmité qui empêche de subvenir à ses besoins par son travail.
- Cohabitation : avoir été domicilié avec le défunt de façon constante pendant les 5 années précédant le décès.
Les trois conditions doivent être réunies ensemble (impots.gouv.fr). Un frère marié, même âgé et vivant avec sa sœur, n'en bénéficie pas ; un hébergement interrompu au cours des 5 ans peut faire perdre l'exonération, et l'administration peut demander des justificatifs de domicile. L'exonération est personnelle : elle ne profite qu'au frère ou à la sœur qui remplit les conditions, les autres paient selon le barème.
Exonération et donation : une différence
Cette exonération concerne uniquement les successions. Une donation entre frères et sœurs reste taxée après l'abattement de 15 932 €, quelle que soit la situation du donataire.
Exemple de calcul des droits de succession entre frères et sœurs
Deux sœurs qui héritent chacune de 250 000 € de leur frère paient chacune 102 887,60 € de droits, sauf si l'une d'elles remplit les conditions d'exonération.
Pierre, célibataire et sans enfant, décède sans testament. Ses parents sont décédés. Il laisse une maison estimée à 450 000 € et 50 000 € d'épargne, sans dette. Ses deux sœurs, Claire et Sophie, héritent chacune de 250 000 €.
- Part nette : 250 000 €
- Abattement : 15 932 €
- Part taxable : 234 068 €
- 35 % sur 24 430 € : 8 550,50 €
- 45 % sur 209 638 € : 94 337,10 €
- Droits par sœur : 102 887,60 €
Les deux sœurs doivent ensemble 205 775,20 €, alors que l'épargne disponible n'est que de 50 000 €. Si Claire, 62 ans et veuve, vivait chez Pierre depuis 6 ans, elle est exonérée : seule Sophie paie 102 887,60 €. Notre simulateur de droits de succession permet de refaire le calcul avec vos montants.
Comment réduire les droits de succession entre frères et sœurs ?
Les droits entre frères et sœurs se réduisent surtout avant le décès, par l'assurance vie et les donations, qui disposent de leurs propres abattements.
- Assurance vie : chaque bénéficiaire reçoit jusqu'à 152 500 € hors droits de succession pour les primes versées avant 70 ans ; pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 € s'applique.
- Donations échelonnées : 15 932 € par frère ou sœur tous les 15 ans, en franchise de droits (impots.gouv.fr).
- Donation en nue-propriété : la base taxable se limite à la valeur de la nue-propriété, d'autant plus faible que le donateur est jeune.
- Testament : il permet de répartir les biens, mais il ne change pas le barème applicable à un frère ou une sœur.
Maison héritée entre frères et sœurs : racheter la part de l'autre
Lorsque des frères et sœurs héritent ensemble d'une maison, ils se retrouvent en indivision ; celui qui veut la garder rachète la part des autres en leur versant une soulte.
Le rachat prend la forme d'un partage, qui supporte un droit de partage de 2,5 % sur la valeur nette partagée, ou d'une cession de droits indivis. La soulte se calcule sur la valeur actuelle du bien, déduction faite des dettes. Si la cohabitation ne fonctionne pas, chaque indivisaire peut demander le partage à tout moment. Les modalités pratiques sont détaillées dans notre guide pour racheter la part d'un frère ou d'une sœur.
Comment payer les droits de succession sans vendre ?
Les droits sont dus au dépôt de la déclaration, dans les 6 mois du décès s'il a eu lieu en France, mais ils peuvent être fractionnés, puis financés si nécessaire par un prêt garanti par le bien.
- Paiement fractionné : sur un an, ou sur trois ans si l'actif successoral comprend au moins 50 % de biens non liquides, avec des garanties et un intérêt de 2 % pour les demandes formulées depuis le 1er janvier 2026 (impots.gouv.fr).
- Crédit hypothécaire : il finance à la fois les droits et, le cas échéant, la soulte due aux autres héritiers.
- Prêt viager hypothécaire : souvent adapté aux frères et sœurs qui héritent après 60 ans.
- Vente à réméré : pour un héritier fiché au FICP, en surendettement ou non-résident.
Les solutions PraxiFinance
PraxiFinance, spécialiste du crédit hypothécaire depuis 1990, finance les droits de succession par un crédit hypothécaire à taux fixe, jusqu'à 70 % de la valeur du bien, pour un besoin à partir de 100 000 € et un bien d'au moins 300 000 €. Pour un rachat de soulte, le taux fixe est de 4,10 % en amortissable sur 15 à 19 ans. Les revenus doivent représenter au moins 3 fois la mensualité ; aucune assurance emprunteur n'est obligatoire et l'âge peut aller jusqu'à 95 ans en fin de prêt. Notre article sur le prêt hypothécaire pour régler une succession détaille le montage.
Dès 60 ans, le prêt viager hypothécaire verse un capital de 15 % à 50 % de la valeur du bien, sans mensualité ni condition de revenus. Un héritier fiché au FICP peut recourir à la vente à réméré, vente avec faculté de rachat de 5 ans maximum. Si la fratrie préfère vendre, la vente avec complément de prix, vente définitive, verse 42 % à 60 % de la valeur à la signature, comme une avance en attendant la vente.
À retenir : entre frères et sœurs, chaque héritier déduit 15 932 €, puis paie 35 % jusqu'à 24 430 € et 45 % au-delà. Le frère ou la sœur célibataire, veuf, divorcé ou séparé, de plus de 50 ans ou invalide, qui vivait avec le défunt depuis 5 ans est exonéré. Pour payer sans vendre la maison familiale, le paiement fractionné, le crédit hypothécaire ou le prêt viager hypothécaire peuvent se combiner.
Questions fréquentes
Quel est le taux des droits de succession entre frères et sœurs ?
Le taux est de 35 % jusqu'à 24 430 € de part taxable, puis de 45 % au-delà, après un abattement de 15 932 € par héritier.
Un frère peut-il hériter sans payer de droits ?
Oui, s'il remplit les trois conditions de l'article 796-0 ter du CGI (célibataire, veuf, divorcé ou séparé ; plus de 50 ans ou invalide ; domicilié avec le défunt pendant 5 ans), ou si sa part ne dépasse pas 15 932 €.
Les demi-frères et demi-sœurs paient-ils les mêmes droits ?
Oui. Fiscalement, demi-frères et demi-sœurs bénéficient du même abattement de 15 932 € et du même barème de 35 % et 45 %.
Que se passe-t-il si un frère est décédé avant le défunt ?
Ses enfants héritent à sa place par représentation. Ils se partagent son abattement de 15 932 € et sont taxés au barème des frères et sœurs, et non à 55 %.
Faut-il une déclaration de succession entre frères et sœurs ?
Oui, dès que l'actif brut dépasse 3 000 € (impots.gouv.fr). Elle est déposée dans les 6 mois du décès s'il a eu lieu en France, 12 mois dans les autres cas.
Peut-on emprunter pour payer les droits de succession d'un frère ?
Oui. Un crédit hypothécaire garanti par le bien hérité ou par un autre bien permet de régler les droits. Notre article sur l'emprunt pour payer les droits de succession compare les options.









