À combien se montent les droits de succession ? En ligne directe (enfants), après un abattement de 100 000 € par enfant, les droits suivent un barème progressif de 5 % à 45 %. Entre frères et sœurs : 35 % puis 45 % après un abattement de 15 932 €. Au-delà du 4ᵉ degré : 55 %. Sans lien de parenté : 60 %. Le conjoint marié ou le partenaire de PACS est totalement exonéré.
Perdre un proche est une épreuve, à laquelle s'ajoute une réalité fiscale : le paiement des droits de succession, parmi les plus élevés d'Europe. Chaque héritier dispose de six mois pour payer (douze mois en cas de décès à l'étranger) ; passé ce délai, des pénalités s'appliquent. Or le patrimoine transmis est souvent majoritairement immobilier, laissant peu de liquidités disponibles. D'où l'importance de comprendre précisément comment se calculent ces droits - et, si nécessaire, comment les financer sans vendre dans l'urgence.
À combien se montent les droits de succession ?
Le montant dépend de trois facteurs :
- la valeur nette des biens transmis (après déduction des dettes du défunt) ;
- le lien de parenté entre le défunt et l'héritier ;
- les abattements et exonérations applicables.
Le calcul s'effectue en deux étapes :
- Actif net successoral = valeur des biens transmis − dettes du défunt, réparti entre héritiers selon les règles civiles de dévolution.
- Abattement propre à chaque lien de parenté, puis application du barème progressif sur le solde.
Cadre légal : abattements fixés par l'article 779 du CGI, barème par l'article 777 du CGI, exonération du conjoint et du partenaire de PACS par l'article 796-0 bis. Les abattements sont gelés jusqu'au 31 décembre 2028 (non indexés sur l'inflation depuis 2012).

Exemples de calcul
Enfant unique — bien de 500 000 € Abattement de 100 000 € → base taxable de 400 000 €. Droits dus : 78 194 €(formule ligne directe : 400 000 × 20 % − 1 806). L'héritier doit réunir cette somme dans les six mois ; grâce à un crédit hypothécaire pour héritiers, il peut mobiliser une partie de la valeur du bien, régler les droits et conserver le logement.
Conjoint survivant — quel que soit le montant 0 € de droits : exonération totale (art. 796-0 bis du CGI).
Frère / sœur — maison de 500 000 € Abattement de 15 932 € → base taxable de 484 068 €. Droits dus : environ 215 000 € (35 % jusqu'à 24 430 €, puis 45 %). Plus de 40 % de la valeur du bien à trouver en trésorerie immédiate.
Neveu / nièce — héritage de 200 000 € Abattement de 7 967 € → base taxable de 192 033 €. Droits dus (55 %) : environ 105 600 €.
Ces exemples montrent le décalage fréquent entre la valeur d'un bien immobilier transmis et la trésorerie immédiate de l'héritier, surtout entre collatéraux ou tiers où le taux grimpe vite.
Barème et abattements des droits de succession 2026
Détail du barème en ligne directe (après abattement de 100 000 €) :
- Jusqu'à 8 072 € : 5 %
- De 8 072 € à 12 109 € : 10 %
- De 12 109 € à 15 932 € : 15 %
- De 15 932 € à 552 324 € : 20 %
- De 552 324 € à 902 838 € : 30 %
- De 902 838 € à 1 805 677 € : 40 %
- Au-delà de 1 805 677 € : 45 %
Le délai de six mois : le vrai problème
La difficulté n'est pas tant le montant que le délai. Six mois, c'est court quand le patrimoine est immobilier et peu liquide. L'héritier doit alors soit vendre vite — souvent sous la valeur réelle —, soit mobiliser des fonds autrement.
Erreur à éviter : croire qu'il est trop tard. Même en situation tendue, des solutions existent si elles sont étudiées rapidement.
Comment financer ses droits de succession ?
Quand la succession manque de liquidités, plusieurs solutions permettent d'éviter la vente précipitée.
Le crédit hypothécaire repose sur la mise en hypothèque du bien hérité. Il permet de mobiliser jusqu'à 60 % de la valeur du bien pour régler les droits, sans assurance emprunteur ni limite d'âge — la garantie repose sur la valeur du patrimoine, pas sur les revenus ou la santé de l'emprunteur.
- Taux : à partir de 4,10 % (voir les taux 2026)
- Frais globaux : environ 8,5 % du montant emprunté (voir le coût détaillé)
- Accord de principe sous environ une semaine, déblocage des fonds sous environ trois semaines
Exemple : sur un bien de 500 000 €, mobiliser 250 000 € couvre les 78 194 € de droits et laisse une marge pour d'éventuels travaux, un rachat de soulte entre héritiers ou le rééquilibrage d'une indivision. Le remboursement est étalé dans le temps, ce qui intègre l'opération dans une stratégie patrimoniale de long terme plutôt que dans l'urgence.
Si le crédit hypothécaire n'est pas adapté, deux alternatives existent :
- la vente à réméré : vente temporaire de votre bien avec faculté de rachat ;
- la vente avec complément de prix : avance de trésorerie immédiate en attendant la vente définitive.

FAQ – Droits de succession
Quel est le délai pour payer les droits de succession ?
Six mois à compter du décès (douze mois si le décès a lieu à l'étranger).
Quels sont les barèmes en 2026 ?
De 5 % à 45 % en ligne directe ; 35-45 % entre frères et sœurs ; 55 % au-delà du 4ᵉ degré ; 60 % sans lien de parenté.
Le conjoint paie-t-il des droits de succession ?
Non, le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés.
Que faire si je n'ai pas les fonds pour payer dans les six mois ?
Un crédit hypothécaire pour héritiers permet de mobiliser une partie de la valeur du bien hérité pour régler les droits sans le vendre.
Quels frais prévoir pour un crédit hypothécaire ?
Environ 8,5 % du montant emprunté (voir le détail des frais de notaire).
Conclusion
Délais courts, barèmes élevés, patrimoine majoritairement immobilier : beaucoup d'héritiers se retrouvent face à un décalage entre la valeur des biens transmis et leurs liquidités immédiates. Comprendre le calcul — abattements puis barème — permet d'évaluer l'enjeu, et, si besoin, de recourir à une solution de financement sécurisée plutôt qu'à une vente subie. De quoi préserver le patrimoine familial et aborder la succession avec sérénité.


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