Par Ella Intini, directrice commerciale associée de PraxiFinance. Relu par Éric Cazaux-Devy, fondateur. Mis à jour le 3 octobre 2026. Source : Code civil, articles 1659 à 1674.
La vente à réméré, aussi appelée vente avec faculté de rachat, est une vente immobilière par laquelle un propriétaire cède son bien à un investisseur, généralement pour 50 % à 60 % de sa valeur, tout en conservant le droit de le racheter dans un délai maximal de 5 ans. Le vendeur reçoit immédiatement les fonds et peut rester dans son logement pendant ce délai. S'il ne rachète pas à temps, la vente devient définitive. Chez PraxiFinance, elle concerne les besoins à partir de 100 000 €, sur des biens d'une valeur d'au moins 300 000 €, sans critère bancaire ni mensualité.

Une vente signée devant notaire, avec un droit de rachat inscrit dans l'acte et opposable à tous.
Vous rachetez votre bien quand vous le souhaitez pendant la durée prévue, au prix fixé dès la signature.
Fonds en 10 à 20 jours à Paris (30 à 60 jours en province), sans passer par une banque et sans quitter votre logement pendant le délai de rachat.
La vente à réméré est une vente immobilière dans laquelle le vendeur se réserve le droit de racheter son bien. L'article 1659 du Code civil la définit comme un pacte par lequel le vendeur se réserve de reprendre la chose vendue, moyennant la restitution du prix et le remboursement des frais prévus par la loi. Ce droit de rachat dure 5 ans au plus (article 1660).
Depuis 2009, le Code civil emploie l'expression « faculté de rachat » à la place du mot « réméré », qui reste d'usage courant chez les notaires et les professionnels. Les deux désignent exactement la même opération : la vente avec faculté de rachat.
Contrairement à un crédit, le réméré transfère réellement la propriété du bien à l'investisseur dès la signature. Le vendeur ne s'endette pas : il vend, reçoit un prix et conserve un droit de rachat inscrit dans l'acte, opposable à tous. C'est aussi ce qui le distingue d'une vente classique, dont le transfert de propriété est définitif. Ce transfert doit être réel : si l'opération dissimulait en fait un prêt dont le bien sert de sûreté, le juge pourrait la requalifier et l'annuler. Le mécanisme existe depuis le Code civil de 1804.
L'acquéreur est un investisseur qui achète sous le régime de marchand de biens. Il devient propriétaire dès la signature chez le notaire et s'engage, dans l'acte, à vous restituer le bien si vous exercez votre faculté de rachat dans le délai prévu.
Ces règles sont détaillées dans notre guide du délai légal de la faculté de rachat.
Une vente à réméré se déroule de l'étude du dossier au rachat du bien, avec une signature en 10 à 20 jours à Paris et 30 à 60 jours en province. Le notaire intervient à chaque étape clé.
Le notaire garantit la validité de l'opération. Il vérifie que la propriété est réellement transférée, que le prix n'est pas disproportionné, que les conditions d'occupation sont équilibrées et que les fonds servent bien à régler les créanciers prévus. Voir comment annuler une vente à réméré.
Le vendeur reste dans les lieux grâce à une convention d'occupation intégrée à l'acte, distincte d'un bail. L'indemnité d'occupation est payée d'avance pour toute la durée. En cas de rachat anticipé, la part non consommée est restituée au prorata. Voir le calcul de l'indemnité d'occupation.
Le rachat peut intervenir à tout moment pendant la durée prévue, sans attendre l'échéance. Il est généralement financé par un prêt bancaire une fois la situation assainie, par un crédit hypothécaire, par un apport ou par la revente du bien. Selon l'article 1673 du Code civil, le vendeur rembourse le prix ainsi que les frais et loyaux coûts de la vente. Voir les conditions pour racheter son bien.
Si le vendeur n'exerce pas son droit de rachat dans le délai, l'acquéreur devient propriétaire irrévocable (article 1662 du Code civil) et le juge ne peut pas prolonger ce délai : la perte du bien est définitive. Le vendeur conserve le prix perçu à la signature, sans autre somme due au titre du bien sauf clause contraire, et doit libérer les lieux dans les conditions prévues par l'acte et la convention d'occupation. C'est pourquoi le plan de sortie doit être établi dès le départ. Voir les conséquences d'une absence de rachat.
Une vente à réméré coûte environ 8,5 % du prix de vente à la signature, auxquels s'ajoute une indemnité d'occupation de 10 à 12 % par an. Tous les montants sont fixés dans l'acte et réglés à la signature : aucune mensualité n'est due pendant l'opération.
Le détail poste par poste figure dans notre guide du coût réel d'une vente à réméré, avec les frais de notaire et la répartition entre vendeur, investisseur et notaire.
La vente à réméré suit les règles fiscales d'une vente immobilière, avec des particularités lors du rachat, notamment sur les droits d'enregistrement et la plus-value. Voir notre guide de la fiscalité de la vente à réméré.
Être propriétaire du bien et disposer d'un plan de sortie réaliste, par rachat ou par revente à un tiers. Aucun critère bancaire n'est exigé : ni revenus minimum, ni taux d'endettement, ni absence de fichage. En revanche, une situation d'insolvabilité définitive, sans perspective de sortie, ne permet pas de monter l'opération.
La valeur du bien doit atteindre au moins 300 000 €. Il doit être situé dans une zone où l'immobilier se revend facilement : grandes agglomérations, villes dynamiques, stations balnéaires ou de ski. Voir le simulateur de vente à réméré et les règles propres aux biens détenus en SCI.
Le dossier est léger : il porte sur le bien et sur votre projet, pas sur vos relevés bancaires. Voici les éléments à réunir pour une première étude.
Oui. Le crédit en cours et l'hypothèque qui le garantit sont soldés par le notaire sur le prix de vente, à la signature. Voir la vente à réméré avec un crédit en cours et la vente d'un bien déjà hypothéqué.
Un dirigeant doit réunir 350 000 € pour racheter un concurrent, et sa banque refuse dans les délais impartis. Il vend son appartement parisien, estimé à 1 000 000 €, à réméré pour 600 000 €, soit 60 % de sa valeur, sur 3 ans.
Sortie prévue : rachat grâce à un prêt bancaire, une fois l'acquisition intégrée et les comptes consolidés.
Un propriétaire menacé de vente judiciaire doit 250 000 € à son créancier. Il vend son appartement, estimé à 800 000 €, à réméré pour 480 000 €, soit 60 % de sa valeur, sur 2 ans.
Sortie prévue : revente du bien à un tiers au prix du marché. En le revendant environ 800 000 €, le propriétaire perçoit la différence avec le prix de rachat, soit environ 320 000 € avant frais de revente.
Exemples illustratifs, calculés sur les conditions pratiquées par PraxiFinance.
La vente à réméré permet d'obtenir rapidement des liquidités importantes lorsque les banques ne peuvent plus financer un propriétaire. Elle sert principalement à :
La vente à réméré permet d'obtenir rapidement des liquidités sans banque et sans quitter son logement. En contrepartie, elle a un coût élevé et fait perdre le bien si le rachat n'a pas lieu dans le délai.
Pour une analyse complète, consultez nos guides des risques de requalification et des arnaques à éviter.
La vente à réméré est régie par les articles 1659 à 1673 du Code civil. L'article 1674, relatif à la lésion, s'applique à toute vente immobilière et donc aussi au réméré.
Les juges contrôlent la réalité de la vente. Si l'opération dissimule en fait un prêt dont le bien sert de sûreté (contrat pignoratif), elle peut être requalifiée et annulée. Les indices retenus sont notamment un prix très inférieur à la valeur du bien, le maintien du vendeur dans les lieux contre une indemnité qui s'analyse en réalité comme des intérêts, un rachat rendu illusoire et l'intention commune de prêter plutôt que de vendre. Sur la résidence principale du vendeur, un tel montage peut aussi être sanctionné comme pacte commissoire prohibé (article 2459 du Code civil). Voir notre synthèse de la jurisprudence sur la vente à réméré et nos conseils pour sécuriser une vente avec faculté de rachat.
Le bon choix dépend de votre capacité de remboursement, de l'urgence et de votre objectif : conserver le bien ou le céder.
Lorsque vous ne pouvez pas emprunter (refus bancaire, fichage, revenus insuffisants) et que vous avez besoin de liquidités rapidement, tout en voulant garder la possibilité de récupérer votre bien. Si vous avez la capacité de rembourser un prêt, le crédit hypothécaire coûte moins cher et vous laisse propriétaire. Voir réméré ou prêt hypothécaire et réméré ou portage immobilier.
On lit souvent « prêt réméré » ou « crédit réméré ». Ces termes sont inexacts : le réméré est une vente, pas un emprunt. Aucune banque n'intervient, il n'y a ni taux d'intérêt ni mensualité. Autre formule fréquente : l'« hypothèque à réméré ».
L'expression circule, mais elle mélange deux mécanismes incompatibles. Avec une hypothèque, vous restez propriétaire et vous empruntez en donnant votre bien en garantie. Avec un réméré, vous vendez votre bien et conservez seulement le droit de le racheter. Si vous cherchez à emprunter sur votre bien sans le vendre, c'est un crédit hypothécaire qu'il vous faut.
Les avis sur la vente à réméré sont partagés, et c'est logique : l'opération réussit lorsque le rachat ou la revente a lieu avant l'échéance, elle déçoit lorsque le plan de sortie était fragile. Avant de vous engager, lisez les avis laissés sur l'opérateur, demandez les conditions par écrit et interrogez votre notaire. PraxiFinance est noté 4,5 sur 5 sur Google, sur 27 avis.
PraxiFinance accompagne depuis 1990 les propriétaires qui doivent mobiliser la valeur de leur bien, depuis ses bureaux de Paris et de Nice. Lorsque le crédit est possible, PraxiFinance étudie d'abord le crédit hypothécaire, moins coûteux. Le réméré n'est proposé que lorsqu'il constitue la meilleure solution, et seulement avec un plan de sortie réaliste. D'autres montages peuvent aussi être étudiés : la vente avec complément de prix ou le prêt viager hypothécaire.
« Le réméré reste souvent la seule issue pour garder une chance de récupérer son bien et retrouver une stabilité financière. » Ella Intini, directrice commerciale associée de PraxiFinance

Oui. Elle est encadrée par les articles 1659 à 1673 du Code civil depuis 1804 et doit être signée devant notaire.
Aucune. Ce sont deux noms pour le même mécanisme. Le Code civil emploie « faculté de rachat » depuis 2009, mais le terme « réméré » reste courant.
Elle est fixée dans l'acte, dans la limite légale de 5 ans. La loi ne prévoit pas de durée minimale. En pratique, les opérations durent de 6 à 36 mois selon le plan de sortie.
Environ 8,5 % du prix de vente à la signature, pour les frais de notaire et les honoraires, plus une indemnité d'occupation de 10 à 12 % par an, payée d'avance. Aucune mensualité n'est due pendant l'opération.
Le prix de vente représente généralement 50 % à 60 % de la valeur du bien. Il ne peut pas être inférieur à 5/12 de la valeur, sous peine d'annulation pour lésion.
Oui. Le réméré n'est pas un crédit et n'exige aucune vérification bancaire. Seules comptent la valeur du bien et l'existence d'un plan de sortie.
Oui, pendant le délai de rachat, grâce à une convention d'occupation intégrée à l'acte notarié. L'indemnité d'occupation est payée d'avance pour toute la durée. À l'échéance, faute de rachat, vous devez libérer les lieux selon l'acte.
Oui, si le droit de rachat n'est pas exercé dans le délai : l'acquéreur devient propriétaire irrévocable (article 1662 du Code civil), vous conservez le prix perçu et vous devez libérer les lieux selon l'acte. Vous évitez cette issue en rachetant le bien, ou en le revendant à un tiers, avant l'échéance.
Oui, si les statuts l'autorisent et si les associés donnent leur accord. L'acte est signé au nom de la société.
Oui. Le vendeur peut continuer de l'occuper pendant le délai de rachat, selon la convention d'occupation. La vente doit alors être réelle et équilibrée : sur la résidence principale, un montage qui dissimulerait un prêt encourt la prohibition du pacte commissoire. Chez PraxiFinance, le bien doit valoir au moins 300 000 €.
