Succession célibataire avec testament

Boris Intini
Directeur général de PraxiFinance
Mis à jour le
07 July 2026

Un célibataire sans enfant peut, par testament, léguer librement l'intégralité de son patrimoine à la personne de son choix, partenaire de PACS, concubin ou tiers. En présence d'enfants, cette liberté se limite à la quotité disponible, la part du patrimoine que la réserve héréditaire ne protège pas.

Un célibataire sans enfant est-il totalement libre de désigner ses héritiers par testament ?

Oui, en l'absence de descendant, aucune réserve héréditaire ne s'applique à la succession d'un célibataire. Il peut donc léguer l'intégralité de son patrimoine à la personne ou aux personnes de son choix, qu'il s'agisse de son partenaire de PACS, de son concubin, d'un ami ou d'une association, sans qu'aucun héritier légal, frère, sœur ou parent, ne puisse s'y opposer une fois le testament valablement rédigé.

Un célibataire avec des enfants peut-il tout léguer par testament ?

Non, la présence d'enfants change radicalement la donne. Ces derniers sont des héritiers réservataires, la loi leur garantit une part minimale du patrimoine, la réserve héréditaire, que le testament ne peut jamais entamer. Le célibataire ne reste libre de disposer que de la quotité disponible, la moitié du patrimoine en présence d'un enfant, un tiers avec deux enfants, un quart à partir de trois enfants. Un testament qui dépasserait cette limite au profit d'un tiers ou d'un concubin s'exposerait à une réduction judiciaire à la demande des enfants lésés.

Quels types de testament un célibataire peut-il rédiger ?

Le testament olographe, entièrement écrit, daté et signé de la main du testateur, reste la forme la plus simple et la plus répandue, sans frais de rédaction, mais avec un risque de perte, de contestation ou de vice de forme s'il n'est pas correctement rédigé. Le testament authentique, dicté à un notaire en présence de témoins ou d'un second notaire, offre une sécurité juridique renforcée et une conservation garantie, moyennant des honoraires notariés. Un célibataire souhaitant avantager un partenaire de PACS ou un concubin, une situation souvent plus sensible aux contestations familiales, a généralement intérêt à privilégier la forme authentique.

Pourquoi un testament est-il indispensable pour un partenaire de PACS ou un concubin ?

Ni le partenaire de PACS ni le concubin ne sont considérés comme des héritiers légaux en droit français, contrairement à un époux marié. Sans testament, le patrimoine du défunt célibataire revient intégralement à ses héritiers légaux, enfants, parents ou frères et sœurs, et le partenaire survivant, même après plusieurs décennies de vie commune, ne recueille rien. Le testament reste le seul moyen de désigner ce partenaire comme bénéficiaire, dans la limite de la quotité disponible s'il existe des enfants. Pour comprendre l'ordre légal des héritiers applicable en l'absence de disposition contraire, l'article consacré à l'héritage d'un oncle célibataire détaille ce mécanisme de dévolution successorale.

Un testament suffit-il à protéger fiscalement un concubin ?

Non, et c'est un point souvent mal compris. Le traitement fiscal du survivant ne dépend pas du testament lui même, mais du statut juridique du couple. Un partenaire de PACS désigné par testament bénéficie d'une exonération totale de droits de succession, exactement comme un époux marié, en application de la loi de 2007. Un simple concubin, en union libre sans PACS, reste en revanche taxé comme un tiers sans lien de parenté, à un taux de 60 pour cent après un abattement symbolique de 1 594 euros, même s'il est expressément désigné dans le testament. Le testament permet donc au concubin de recevoir un legs, mais il ne modifie en rien la lourde fiscalité qui s'y applique.

Comment un célibataire pacsé peut-il sécuriser son partenaire au delà du testament ?

Le testament reste la base indispensable, mais il peut être utilement complété par une assurance vie désignant le partenaire comme bénéficiaire, ce qui permet de lui transmettre des liquidités rapidement après le décès, sans attendre le règlement complet de la succession. Une organisation particulière de la propriété du logement commun, par exemple via un achat en démembrement croisé, peut également sécuriser l'usage du bien pour le partenaire survivant, en complément des dispositions prévues par testament.

Un testament peut-il être modifié à tout moment ?

Oui, un testament reste librement révocable et modifiable par son auteur tant qu'il est vivant et capable, par la rédaction d'un nouveau testament ou d'un acte de révocation expresse. Cette souplesse permet à un célibataire d'adapter ses dispositions à l'évolution de sa situation personnelle, une nouvelle relation, la naissance d'un enfant ou un changement de souhaits patrimoniaux, sans qu'aucune formalité particulière ne soit requise auprès du bénéficiaire initialement désigné.

Comment financer les droits de succession d'un légataire non parent ?

Un concubin ou un tiers désigné par testament, soumis à une taxation de 60 pour cent, se retrouve souvent confronté à des droits de succession très élevés par rapport à la valeur du bien reçu, en particulier lorsque le legs porte sur un bien immobilier. Le crédit hypothécaire permet de mobiliser la valeur de ce bien pour régler ces droits, sans avoir à le vendre. Cette solution s'adresse à un propriétaire qui apporte son bien en garantie pour emprunter, sous réserve de disposer de revenus stables permettant d'assumer les échéances du prêt. Le montant emprunté démarre à 100 000 euros et peut atteindre jusqu'à 70 pour cent de la valeur du bien, ce plafond restant un maximum et non un montant automatiquement accordé. Pour le détail complet du barème applicable selon le lien de parenté, l'article sur les droits de succession présente l'ensemble des taux en vigueur.

Ce mécanisme ne nécessite ni assurance emprunteur ni questionnaire de santé, et reste accessible sans limite d'âge pour le légataire emprunteur. Les conditions d'obtention d'un crédit hypothécaire permettent ainsi à un concubin ou à un tiers de conserver le bien légué, malgré une fiscalité successorale particulièrement lourde.

Martine, désignée par testament par son compagnon avec lequel elle vivait en concubinage depuis quinze ans, a hérité d'un appartement estimé à 380 000 euros et se trouvait redevable de droits de succession représentant 60 pour cent de sa valeur après abattement. Elle disposait de revenus stables lui permettant d'assumer une mensualité. Elle a finalement emprunté 100 000 euros sur 25 ans à un taux de 5,69 pour cent par an, pour une mensualité de 625 euros, avec des frais de mise en place de 8,5 pour cent du montant emprunté, soit 8 500 euros. Ce montant reste très en deçà du plafond de 70 pour cent applicable à son bien, ce qui a facilité l'étude de son dossier, lui permettant de conserver l'appartement sans avoir à le vendre.

FAQ

Un partenaire de PACS hérite-t-il automatiquement sans testament ?
Non, le partenaire de PACS n'est pas un héritier légal. Sans testament, il ne recueille rien de la succession de son partenaire décédé, quelle que soit la durée de leur vie commune. Seul un testament permet de lui transmettre tout ou partie du patrimoine.

Un concubin désigné par testament paie-t-il les mêmes droits qu'un partenaire de PACS ?
Non, un partenaire de PACS désigné par testament est totalement exonéré de droits de succession, comme un époux marié. Un concubin, même désigné par testament, reste taxé à 60 pour cent après un abattement de seulement 1 594 euros, car il n'est pas reconnu par un statut juridique protecteur.

Un célibataire avec un enfant peut-il tout léguer à son concubin ?
Non, la réserve héréditaire de l'enfant limite cette possibilité à la quotité disponible, la moitié du patrimoine en présence d'un seul enfant. Le concubin ne peut recevoir par testament que cette part disponible, le reste revenant obligatoirement à l'enfant.

Le testament olographe est-il valable sans notaire ?
Oui, un testament olographe, entièrement écrit, daté et signé de la main du testateur, est juridiquement valable sans intervention d'un notaire, bien qu'il soit recommandé de le faire enregistrer ou déposer chez un notaire pour sécuriser sa conservation et sa découverte après le décès.

Peut-on modifier un testament après l'avoir rédigé ?
Oui, un testament reste librement révocable à tout moment par son auteur, tant qu'il conserve sa capacité juridique, par la rédaction d'un nouveau testament ou d'un acte de révocation expresse, sans avoir à en informer le bénéficiaire initialement désigné.

Comment un concubin peut-il réduire la fiscalité de 60 pour cent sur un legs ?
L'assurance vie reste souvent la solution la plus efficace, en désignant le concubin comme bénéficiaire du contrat, ce qui permet de lui transmettre des sommes hors succession avec un abattement bien plus favorable que celui applicable aux legs testamentaires classiques.

Boris Intini est le Directeur Général de PraxiFinance. Régulièrement invité dans les médias pour partager son expertise sur la monétisation immobilière, il contribue à l’enrichissement du site par la rédaction d’articles dédiés aux enjeux des propriétaires en recherches actives de liquidités.

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