Donation de son vivant : abattements, types et fiscalité 2026

Boris Intini
Directeur général de PraxiFinance
Mis à jour le
07 July 2026

La donation de son vivant permet de transmettre une partie de son patrimoine, argent, bien immobilier ou parts de société, avant son décès, en profitant d'abattements qui se renouvellent tous les 15 ans. Bien anticipée, elle réduit fortement, voire efface, les droits que paieraient les héritiers. En ligne directe, chaque parent peut donner 100 000 euros par enfant en franchise, et un don familial de sommes d'argent de 31 865 euros s'y ajoute. Ce guide détaille les abattements 2026, les types de donation et la fiscalité, et explique comment donner sans se démunir de son patrimoine.

Qu'est-ce qu'une donation de son vivant ?

Une donation est la transmission immédiate et irrévocable d'un bien à une autre personne, de son vivant, sans contrepartie. Elle se distingue de la succession, qui n'intervient qu'au décès. Donner de son vivant présente un double intérêt : aider un proche au moment où il en a besoin, et organiser la transmission de son patrimoine en réduisant la facture fiscale finale. La donation d'un bien immobilier doit obligatoirement être passée devant notaire, tandis qu'un don d'argent ou de meubles peut prendre la forme d'un don manuel. Depuis le 1er janvier 2026, la déclaration d'un don manuel ou de sommes d'argent doit d'ailleurs se faire en ligne, sur l'espace personnel du site des impôts.

Les abattements de la donation en 2026

Avant l'application du barème, un abattement réduit la part donnée, selon le lien entre le donateur et le donataire. Les montants applicables en 2026 sont les suivants :

  • 100 000 euros entre un parent et un enfant, dans les deux sens
  • 31 865 euros d'un grand-parent à un petit-enfant
  • 5 310 euros d'un arrière-grand-parent à un arrière-petit-enfant
  • 80 724 euros entre époux ou partenaires de PACS
  • 15 932 euros entre frères et sœurs
  • 7 967 euros d'un oncle ou d'une tante à un neveu ou une nièce
  • 159 325 euros supplémentaires pour une personne en situation de handicap, cumulables avec l'abattement lié au lien de parenté

Point essentiel, chaque abattement se reconstitue intégralement tous les 15 ans. Une fois l'abattement dépassé, le solde est taxé selon le même barème progressif qu'en succession, de 5% à 45% en ligne directe. Ces montants sont gelés jusqu'au 31 décembre 2028.

Le don familial de sommes d'argent

En plus des abattements ci-dessus, il existe un dispositif spécifique et cumulable : le don familial de sommes d'argent, prévu à l'article 790 G du Code général des impôts. Il permet de donner jusqu'à 31 865 euros en argent, en franchise totale, à condition que le donateur ait moins de 80 ans et que le donataire soit majeur. Il concerne les enfants, petits-enfants et arrière-petits-enfants, ou à défaut de descendance les neveux et nièces. Ce plafond se cumule avec l'abattement classique : un parent peut ainsi transmettre à son enfant majeur 100 000 euros au titre de l'abattement en ligne directe et 31 865 euros au titre du don familial, soit 131 865 euros sans droits. La déclaration doit être effectuée dans le mois qui suit le don, faute de quoi l'exonération est perdue. Un dispositif temporaire s'y ajoute encore jusqu'au 31 décembre 2026 : un don familial pouvant atteindre 100 000 euros par donateur, dans la limite de 300 000 euros par bénéficiaire, est exonéré lorsque les sommes servent à acquérir un logement neuf en résidence principale ou à financer des travaux de rénovation énergétique.

Les différents types de donation

Plusieurs formes de donation existent, selon l'objectif visé. Le don manuel est la remise directe d'une somme d'argent ou d'un bien meuble, à déclarer aux impôts. La donation d'argent obéit à des règles précises de plafond et de déclaration. La donation-partage permet de répartir de son vivant ses biens entre ses héritiers et de figer leur valeur au jour de la donation, ce qui évite les conflits ultérieurs. La donation entre époux, dite au dernier vivant, améliore les droits du conjoint survivant. Enfin, la donation avec réserve d'usufruit, ou démembrement, consiste à donner la nue-propriété d'un bien tout en en conservant l'usage et les revenus : elle réduit fortement la valeur taxable et transmet automatiquement la pleine propriété au décès. Après 80 ans, certaines règles se durcissent, comme le détaille notre page sur la donation après 80 ans.

Donner de son vivant sans se démunir

Beaucoup de propriétaires souhaitent aider un enfant mais disposent d'un patrimoine surtout immobilier, donc peu liquide. Vendre le bien pour dégager de l'argent n'est ni souhaitable ni toujours possible. Le crédit hypothécaire offre une réponse : il permet de mobiliser jusqu'à 70% de la valeur d'un bien pour disposer des liquidités nécessaires à une donation, tout en conservant la propriété du bien. On donne ainsi de son vivant sans vendre, comme le détaillent nos pages sur la façon de dégager de la trésorerie sans vendre et de financer une donation. Cette solution repose sur deux critères : un bien d'au moins 300 000 euros et des revenus au moins égaux à trois fois la mensualité du prêt. Elle peut aussi servir, du côté du donataire ou des héritiers, à régler les droits sans vendre la maison reçue.

Donation ou succession : pourquoi anticiper

L'intérêt majeur de la donation tient au renouvellement des abattements tous les 15 ans. En donnant tôt et de façon échelonnée, on multiplie les fenêtres d'exonération : un couple avec deux enfants peut transmettre 400 000 euros tous les 15 ans en franchise, puis recommencer. À l'inverse, une transmission concentrée au décès subit le barème plein sur des montants élevés, comme le montre le calcul des droits de succession. Les donations consenties moins de 15 ans avant le décès sont toutefois réintégrées au calcul successoral, ce que l'on appelle le rappel fiscal : anticiper suffisamment tôt est donc la clé d'une transmission optimisée.

FAQ

Combien peut-on donner à son enfant sans payer d'impôt ?
En 2026, chaque parent peut donner 100 000 euros par enfant en franchise, au titre de l'abattement en ligne directe, auxquels s'ajoute un don familial de sommes d'argent de 31 865 euros si le donateur a moins de 80 ans. Un enfant majeur peut ainsi recevoir 131 865 euros par parent sans droits.

Tous les combien peut-on redonner en franchise ?
Les abattements se reconstituent intégralement tous les 15 ans. En donnant de façon échelonnée, on multiplie les fenêtres d'exonération, ce qui fait de la transmission anticipée la première stratégie d'optimisation.

Faut-il passer devant un notaire pour une donation ?
La donation d'un bien immobilier doit obligatoirement être établie par acte notarié, tout comme la donation-partage et la donation entre époux. Un don d'argent ou de meubles peut en revanche prendre la forme d'un don manuel, à déclarer en ligne aux impôts depuis le 1er janvier 2026.

Quel est l'abattement pour une donation à un petit-enfant ?
Il est de 31 865 euros d'un grand-parent à un petit-enfant, et de 5 310 euros à un arrière-petit-enfant. Ces abattements se cumulent le cas échéant avec le don familial de sommes d'argent et se renouvellent tous les 15 ans.

Comment donner de son vivant quand son patrimoine est immobilier ?
Un crédit hypothécaire permet de mobiliser jusqu'à 70% de la valeur d'un bien pour disposer des liquidités nécessaires à une donation, sans vendre le bien. La solution suppose un bien d'au moins 300 000 euros et des revenus au moins égaux à trois fois la mensualité.

Une donation faite avant le décès est-elle définitive ?
Oui, une donation est en principe irrévocable. Les donations consenties moins de 15 ans avant le décès sont par ailleurs réintégrées dans le calcul des droits de succession, ce qui rend l'anticipation d'autant plus importante.

Boris Intini est le Directeur Général de PraxiFinance. Régulièrement invité dans les médias pour partager son expertise sur la monétisation immobilière, il contribue à l’enrichissement du site par la rédaction d’articles dédiés aux eneux des propriétaires en recherches actives de liquidités.

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