Donation partage enfant

Boris Intini
Directeur général de PraxiFinance
Mis à jour le
03 July 2026

La donation-partage permet à un parent de répartir et de transmettre tout ou partie de son patrimoine entre ses enfants de son vivant, chacun recevant un lot déterminé plutôt qu'une quote-part indivise. Contrairement à une donation simple, la valeur de chaque lot est figée définitivement au jour de l'acte notarié, sans réévaluation possible au moment de la succession.

Qu'est-ce qu'une donation-partage à ses enfants ?

La donation-partage est un acte notarié par lequel un parent attribue des biens précis à ses enfants, immeuble, somme d'argent, valeurs mobilières ou parts d'entreprise, en fixant dès la signature la valeur retenue pour chaque lot. Elle peut porter sur la pleine propriété des biens transmis ou sur leur seule nue-propriété, le donateur conservant alors l'usufruit jusqu'à son décès. Cet acte se distingue d'une simple succession de donations individuelles par son caractère organisé et global, réalisé en une seule fois devant notaire, avec la participation de l'ensemble des enfants concernés.

Faut-il obligatoirement inclure tous ses enfants dans une donation-partage ?

Il est recommandé d'appeler l'ensemble de ses enfants à la donation-partage, mais ce n'est pas une obligation légale absolue. Un enfant peut refuser de participer à l'acte, l'opération reste alors valable entre les enfants qui l'acceptent, mais celui qui a refusé ne bénéficie pas de la fixation définitive de la valeur et reste soumis aux règles classiques de la succession sur ce point. Exclure délibérément un enfant sans raison particulière peut en revanche fragiliser l'acte et générer des tensions familiales, la donation-partage étant précisément conçue pour organiser une transmission équilibrée entre l'ensemble des héritiers.

Le donateur doit-il répartir son patrimoine à parts strictement égales ?

Non, aucune règle n'impose une égalité stricte entre les enfants dans une donation-partage. Le donateur reste libre de favoriser l'un de ses enfants, à condition de respecter la réserve héréditaire des autres, la part minimale que la loi leur garantit. En pratique, de nombreuses familles cherchent malgré tout un équilibre entre les enfants, par exemple en tenant compte des aides déjà accordées à l'un d'eux ou de la valeur d'une entreprise transmise à celui qui la reprend, la donation-partage offrant justement la souplesse nécessaire pour organiser ces ajustements.

Quel est le coût d'une donation-partage à ses enfants ?

Les émoluments du notaire, obligatoires pour ce type d'acte, représentent généralement entre 1 et 2 pour cent de la valeur des biens transmis, selon un barème dégressif. À ces émoluments s'ajoutent les éventuels droits de donation, calculés après application de l'abattement de 100 000 euros par parent et par enfant, renouvelable tous les 15 ans, puis selon le barème progressif en ligne directe, de 5 pour cent sur les premières tranches jusqu'à 45 pour cent au delà d'environ 1,8 million d'euros de base taxable. Si la donation-partage porte sur la nue-propriété plutôt que sur la pleine propriété, la base taxable est réduite selon le barème fiscal applicable à l'âge du donateur.

Quels biens peuvent être inclus dans une donation-partage ?

Une donation-partage peut porter sur des biens de nature très différente au sein d'un même acte, biens immobiliers, sommes d'argent, valeurs mobilières ou parts de société. Cette diversité permet au donateur de composer des lots adaptés à la situation de chaque enfant, par exemple des liquidités pour financer l'achat d'une résidence principale à l'un, et un bien locatif à un autre. Lorsque les lots attribués n'ont pas une valeur équivalente, une soulte est versée par l'enfant avantagé aux autres, afin de compenser cet écart.

Peut-on réaliser une donation-partage en pleine propriété ou faut-il réserver l'usufruit ?

Les deux formules restent possibles selon les objectifs du donateur. Une donation-partage en pleine propriété transfère immédiatement l'intégralité des droits sur les biens attribués, tandis qu'une donation-partage avec réserve d'usufruit permet au donateur de conserver l'usage des biens ou leurs revenus jusqu'à son décès, tout en réduisant la base taxable retenue pour le calcul des droits. Pour approfondir cette seconde option, largement utilisée en pratique, l'article consacré à la donation-partage avec réserve d'usufruit détaille son fonctionnement et son mode de calcul.

La donation-partage est-elle révocable ?

Non, contrairement à la donation entre époux, une donation-partage est en principe irrévocable une fois signée devant notaire. Sa remise en cause reste possible dans des cas très limités, l'inexécution d'une charge prévue à l'acte, un comportement d'ingratitude caractérisé de la part du bénéficiaire, ou l'accord unanime de toutes les parties concernées pour la modifier. Cette irrévocabilité de principe impose de bien réfléchir à la répartition envisagée avant de signer l'acte.

Donation-partage ou crédit hypothécaire, comment accompagner ses enfants sans attendre la donation-partage ?

Organiser une donation-partage prend du temps, entre l'inventaire du patrimoine, la concertation avec chaque enfant et la rédaction de l'acte par le notaire. Un parent qui souhaite aider concrètement l'un de ses enfants dans l'intervalle, par exemple pour un projet immobilier urgent, peut mobiliser la valeur de son propre bien via un crédit hypothécaire, sans attendre la finalisation de la donation-partage ni vendre son bien. Cette solution s'adresse à un propriétaire qui apporte son bien en garantie pour emprunter de la trésorerie, sous réserve de disposer de revenus stables permettant d'assumer les échéances du prêt. Le montant emprunté démarre à 100 000 euros et peut atteindre jusqu'à 70 pour cent de la valeur du bien, ce plafond restant un maximum et non un montant automatiquement accordé.

Ce mécanisme permet également de financer les droits de donation ou une soulte issue de la donation-partage elle même, sans puiser dans l'épargne de précaution du donateur. Il ne nécessite ni assurance emprunteur ni questionnaire de santé, et reste accessible sans limite d'âge pour l'emprunteur. Les conditions d'obtention d'un crédit hypothécaire reposent sur deux éléments cumulatifs, la garantie apportée par le bien et la capacité de remboursement de l'emprunteur, le bien seul ne suffisant jamais à garantir l'octroi du prêt.

Nathalie, propriétaire d'un bien estimé à 500 000 euros, préparait une donation-partage pour ses trois enfants mais souhaitait aider immédiatement l'un d'eux à financer l'apport de son premier achat immobilier, sans attendre la signature de l'acte global. Elle disposait de revenus stables lui permettant d'assumer une mensualité. Elle a finalement emprunté 100 000 euros sur 25 ans à un taux de 5,69 pour cent par an, pour une mensualité de 625 euros, avec des frais de mise en place de 8,5 pour cent du montant emprunté, soit 8 500 euros. Ce montant reste très en deçà du plafond de 70 pour cent applicable à son bien, ce qui a facilité l'étude de son dossier.

FAQ

Un enfant peut-il refuser de participer à une donation-partage ?
Oui, un enfant peut refuser sa part dans une donation-partage. L'acte reste valable entre les enfants qui l'acceptent, mais celui qui refuse ne bénéficie pas de la fixation définitive de la valeur et reste soumis aux règles classiques de la succession.

La donation-partage doit-elle être strictement égale entre les enfants ?
Non, le donateur peut avantager l'un de ses enfants, à condition de respecter la réserve héréditaire des autres. La donation-partage offre une souplesse que la loi n'impose pas de neutraliser par une égalité stricte des lots attribués.

Combien coûte une donation-partage chez le notaire ?
Les émoluments du notaire représentent généralement entre 1 et 2 pour cent de la valeur des biens transmis, selon un barème dégressif. S'y ajoutent les éventuels droits de donation calculés après abattement, selon le barème progressif applicable en ligne directe.

Peut-on intégrer ses petits-enfants dans une donation-partage ?
Oui, via une donation-partage transgénérationnelle, un enfant peut renoncer à tout ou partie de ses droits au profit de ses propres enfants, avec son accord express formalisé dans l'acte, ce qui permet de transmettre directement aux petits-enfants.

Peut-on annuler une donation-partage après signature ?
En principe non, la donation-partage est irrévocable une fois signée. Sa remise en cause reste possible dans des cas limités, inexécution d'une charge prévue, ingratitude caractérisée du bénéficiaire, ou accord unanime de toutes les parties concernées.

Quelle différence entre donation-partage et donation simple à un enfant ?
La donation-partage fixe définitivement la valeur des biens transmis au jour de l'acte, sans réévaluation au décès du donateur. Une donation simple reste en principe rapportable à la succession pour sa valeur réévaluée au jour du décès, ce qui peut créer des écarts entre héritiers.

Boris Intini est le Directeur Général de PraxiFinance. Régulièrement invité dans les médias pour partager son expertise sur la monétisation immobilière, il contribue à l’enrichissement du site par la rédaction d’articles dédiés aux enjeux des propriétaires en recherches actives de liquidités.

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