Le taux d'usure désigne le taux effectif global (TAEG) maximal qu'un établissement de crédit est autorisé à pratiquer pour un type de prêt donné. Fixé chaque trimestre par la Banque de France, il intègre non seulement le taux d'intérêt nominal, mais aussi les frais de dossier, les frais de garantie et le coût de l'assurance emprunteur. Un dossier dont le TAEG dépasse ce plafond ne peut légalement pas être accordé, quelle que soit par ailleurs la solidité du profil de l'emprunteur.
Qu'est-ce que le taux d'usure ?
Une définition légale au service de l'emprunteur
Institué pour protéger les emprunteurs contre des conditions de crédit abusives, le taux d'usure fixe une limite légale que ni les banques ni les établissements de crédit spécialisés ne peuvent dépasser. Il s'applique à toutes les catégories de prêts aux particuliers : crédits immobiliers, crédits à la consommation, découverts bancaires, ainsi qu'à certains prêts aux personnes morales comme les SCI.
TAEG, taux nominal et taux d'usure : ne pas confondre
Le taux nominal, celui affiché dans une offre de prêt, ne représente qu'une partie du coût réel du crédit. Le TAEG, lui, additionne le taux nominal, les frais de dossier, les frais de garantie (hypothèque, caution) et le coût de l'assurance emprunteur. C'est ce TAEG, et non le taux nominal seul, qui est comparé au taux d'usure. Un refus d'assurance emprunteur classique en raison d'un risque aggravé de santé, ou une surprime élevée, peut ainsi à lui seul faire basculer un dossier au-dessus du seuil, même si le taux nominal proposé reste raisonnable.
Comment se calcule le taux d'usure ?
Le mode de calcul par la Banque de France
Le taux d'usure correspond au taux effectif moyen pratiqué au cours du trimestre précédent par les établissements de crédit, majoré d'un tiers. La Banque de France calcule cette moyenne à partir d'un échantillon représentatif d'établissements, par catégorie et par durée de prêt, puis publie les nouveaux seuils au Journal officiel pour le trimestre suivant.
Les catégories de prêts concernées
Les seuils diffèrent selon la nature du crédit : prêts immobiliers à taux fixe (avec une distinction par durée), prêts immobiliers à taux variable, prêts relais, et crédits à la consommation. Chaque catégorie a son propre plafond, recalculé indépendamment des autres chaque trimestre.
Taux d'usure 2026 : les seuils en vigueur
Les taux applicables au troisième trimestre 2026
Pour les prêts immobiliers à taux fixe, les seuils en vigueur au troisième trimestre 2026 sont de 4,07% pour une durée inférieure à 10 ans, 4,57% pour une durée de 10 à 20 ans, et 5,29% pour une durée de 20 ans et plus. Le taux d'usure des prêts à taux variable s'établit à 5,28%, et celui des prêts relais à 6,39%.
Une actualité sous tension entre remontée des taux et seuils réglementaires
Après plusieurs trimestres de détente entre 2023 et 2025, l'écart entre les taux moyens pratiqués par les banques et les seuils d'usure s'est resserré depuis le début de l'année 2026. Cette tension explique pourquoi un nombre croissant de dossiers, notamment ceux comportant une assurance emprunteur coûteuse ou un profil jugé à risque, se retrouvent recalés pour dépassement du taux d'usure plutôt que pour insuffisance de garantie ou de revenus. Les nouveaux seuils du quatrième trimestre 2026, applicables à partir du 1ᵉʳ octobre, seront publiés par la Banque de France fin septembre.
Que faire si votre dossier dépasse le taux d'usure ?
Les leviers pour faire repasser un dossier sous le seuil
Plusieurs leviers permettent de retravailler un dossier recalé : renégocier le coût de l'assurance emprunteur, allonger la durée du prêt pour bénéficier d'un seuil plus favorable, ou réduire les frais annexes intégrés au TAEG. Ces ajustements ne suffisent cependant pas toujours, en particulier lorsque le TAEG est tiré vers le haut par une surprime d'assurance liée à un risque de santé. Retrouvez le détail des solutions pour contourner légalement le taux d'usure dans notre guide dédié.
Le crédit hypothécaire, une alternative quand le dossier classique est refusé
Lorsqu'un dossier reste bloqué malgré ces ajustements, le crédit hypothécaire offre une structure différente : financement jusqu'à 70% de la valeur du bien, frais de dossier de 8,5%, taux de 5,7% en amortissable ou 6% en in fine, sur une durée pouvant aller jusqu'à 25 ans. Pour un emprunteur senior propriétaire qui ne souhaite pas ajouter de mensualité à son budget, le prêt viager hypothécaire constitue une autre voie : sans mensualité ni assurance emprunteur liée au remboursement, il échappe à la logique du TAEG telle qu'elle s'applique à un crédit amortissable classique, puisque le remboursement intervient au décès ou à la revente du bien.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre le taux nominal et le taux d'usure ?
Le taux nominal est le taux d'intérêt affiché dans l'offre de prêt. Le taux d'usure est un plafond légal calculé sur le TAEG, qui inclut en plus le taux nominal, les frais de dossier, les frais de garantie et le coût de l'assurance emprunteur.
À quelle fréquence le taux d'usure est-il mis à jour ?
La Banque de France recalcule et publie les seuils chaque trimestre. Une exception a existé entre février et décembre 2023, période durant laquelle la publication est devenue mensuelle pour suivre la remontée rapide des taux, avant un retour au rythme trimestriel habituel.
Pourquoi un dossier avec un bon profil peut-il être refusé pour dépassement du taux d'usure ?
Parce que le calcul porte sur le TAEG global et non sur le seul taux d'intérêt. Une assurance emprunteur coûteuse, notamment en cas de risque aggravé de santé, ou des frais de garantie élevés peuvent faire dépasser le seuil même pour un profil solide.
Le taux d'usure s'applique-t-il au crédit hypothécaire ?
Le taux d'usure s'applique à l'ensemble des crédits aux particuliers, selon leur catégorie et leur durée. Chaque dossier de crédit hypothécaire est étudié au cas par cas au regard du TAEG global et de la catégorie de seuil applicable.
Que faire si aucune banque ne peut financer mon projet en raison du taux d'usure ?
Il est possible de retravailler le dossier (durée, assurance, frais) ou de se tourner vers une solution de financement structurée différemment, comme le crédit hypothécaire, dont les paramètres ne dépendent pas des mêmes équilibres qu'un crédit bancaire classique.


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