Suspension d’un commandement de payer

Boris Intini
Directeur général de PraxiFinance
Mis à jour le
02 January 2026

Recevoir un commandement de payer ne signifie pas forcément la perte de son logement. Même après la délivrance de cet acte, la loi prévoit des mécanismes permettant d’obtenir une suspension de la procédure, temporaire ou définitive. Cette suspension peut être accordée par le juge de l’exécution, obtenue par accord amiable ou provoquée automatiquement par la régularisation de la dette. Dans la pratique, seule une solution patrimoniale complète, telle que la vente à réméré, permet de garantir à la fois la suspension de la saisie et le règlement intégral des créanciers. Beaucoup de propriétaires ignorent que la loi protège le débiteur dès lors qu’il démontre sa volonté réelle de rembourser et qu’il apporte une preuve tangible de la mise en place d’une solution. La suspension n’est donc pas un privilège exceptionnel, mais un mécanisme juridique courant conçu pour éviter une vente inutile lorsque le paiement est possible dans un délai raisonnable. Comprendre ce cadre légal permet de sortir d’une logique de panique pour entrer dans une logique de stratégie : il ne s’agit plus seulement de subir la procédure, mais de l’utiliser pour obtenir le temps nécessaire à la mise en place d’un véritable plan de sauvetage du bien.

Le principe de la suspension

La suspension d’un commandement de payer consiste à interrompre temporairement les effets de l’acte. Concrètement, cela signifie que le créancier ne peut plus engager de nouvelles poursuites, que la saisie est gelée et qu’aucune vente judiciaire ne peut avoir lieu pendant la période décidée. Cette suspension n’efface pas la dette, mais accorde un délai supplémentaire pour régulariser la situation. Elle relève du juge de l’exécution, comme l’explique le recours contre un commandement de payer. Dans les faits, cette suspension fonctionne comme une mise entre parenthèses de la procédure. Les intérêts peuvent continuer de courir, mais l’avancée juridique s’arrête, offrant au propriétaire un espace pour respirer et organiser sa défense. Pour beaucoup, c’est ce délai qui rend possible la présentation d’une solution solide, car sans suspension, la procédure progresse mécaniquement vers la vente forcée. C’est pourquoi une demande de suspension doit être préparée avec le même sérieux qu’un dossier de financement : plus elle est structurée et documentée, plus elle a de chances d’emporter la conviction du juge.

Les conditions pour demander la suspension

Le juge de l’exécution examine la bonne foi du débiteur et la crédibilité de sa solution financière. Trois critères dominent : la régularité du commandement ; la proportionnalité entre la dette et la valeur du bien ; l’existence d’un projet concret de règlement, tel qu’une vente à réméré en cours. Lorsque le bien vaut plus que la dette, ou qu’une solution notariée est engagée, la suspension est généralement accordée. Les délais légaux applicables sont détaillés dans le délai après un commandement de payer. Le juge analyse également le comportement du débiteur : a-t-il longtemps ignoré les relances ? A-t-il tenté des démarches ? A-t-il contacté un notaire ou un avocat ? Ces éléments montrent si le propriétaire agit de manière responsable. Par ailleurs, la proportionnalité joue un rôle essentiel : saisir un bien dont la valeur excède largement la dette apparaît souvent comme une mesure excessive, ce qui renforce les chances d’obtenir une suspension. Un propriétaire qui arrive à l’audience avec un projet patrimonial chiffré, un planning précis et des engagements écrits de ses interlocuteurs professionnels envoie un signal très différent de celui qui se contente d’exprimer des intentions vagues ou des promesses informelles.

La procédure pour obtenir une suspension judiciaire

La demande se fait par requête auprès du juge de l’exécution du tribunal judiciaire, dans les quinze jours suivant la signification du commandement. Le débiteur doit exposer sa situation et produire les justificatifs (projet de vente, promesse de réméré, échanges bancaires). Lors de l’audience, le juge peut suspendre la procédure, accorder un délai de grâce ou autoriser la vente amiable. Ces mesures sont souvent retenues lorsque le débiteur prouve qu’une vente à réméré est en voie de signature. Cette audience joue un rôle déterminant : elle constitue souvent le seul moment où le propriétaire peut expliquer sa situation de vive voix. Le juge observe la cohérence du dossier, la solidité financière de la solution envisagée, ainsi que le sérieux des documents fournis. Une simple lettre d’intention ne suffit pas ; en revanche, une attestation notariée ou un contrat préliminaire de réméré peut convaincre le juge que la solution est imminente et fiable. Il est donc essentiel de préparer cette audience comme un véritable rendez-vous décisif, en anticipant les questions du magistrat, en apportant des pièces complètes et en démontrant que chaque étape de la solution a déjà été engagée et non simplement imaginée.Il est donc essentiel de préparer cette audience comme un véritable rendez-vous décisif, en anticipant les questions du magistrat, en apportant des pièces complètes et en démontrant que chaque étape de la solution a déjà été engagée et non simplement imaginée.

Le délai de grâce : une suspension prolongée

Le délai de grâce, prévu par le Code civil, permet au juge d’accorder jusqu’à deux ans de répit. Pendant ce temps, les poursuites sont interrompues et le propriétaire conserve la jouissance du bien. Ce dispositif s’applique notamment pour attendre la conclusion d’un financement ou d’un réméré, comme indiqué dans le commandement de payer et dette hypothécaire. Le délai de grâce est particulièrement utile lorsque le propriétaire a démontré des revenus futurs prévisibles, comme une vente programmée ou une rentrée d’argent certaine, mais nécessitant encore quelques mois. Le juge tient compte des réalités économiques et sociales : maladie, perte d’emploi, séparation ou aléa économique peuvent justifier une protection temporaire. Toutefois, ce délai n’est jamais accordé automatiquement : il doit être motivé par un projet concret et crédible de désendettement. Un délai de grâce bien utilisé permet souvent de transformer une situation critique en redressement durable, mais un délai mal exploité ne fait que repousser le problème et risque de conduire, à terme, à une vente forcée aggravée par des frais supplémentaires.

Les effets immédiats de la suspension

Une fois prononcée, la suspension gèle toutes les poursuites : aucun nouvel acte, ni publication, ni vente forcée ne peut être entrepris. L’acte reste inscrit mais inactif jusqu’à la mainlevée. Ce délai permet au débiteur d’achever la solution de désendettement proposée, notamment la vente à réméré, dont la signature entraîne la clôture définitive de la procédure. La suspension protège également le propriétaire d’une aggravation des frais, ce qui constitue un avantage essentiel. Sans suspension, chaque nouvelle étape — publication, assignation, audience — ajoute des coûts. La suspension, elle, stabilise la situation financière. Toutefois, elle impose aussi une discipline : le débiteur doit avancer activement dans la solution annoncée, car s’il ne fournit aucune preuve d’évolution, le juge peut lever la suspension et relancer les poursuites. Cette période doit être considérée comme un temps de travail intensif et non comme un répit confortable : chaque semaine doit voir une avancée concrète, un document signé, un rendez-vous tenu, une validation obtenue.

La suspension amiable entre débiteur et créancier

Une suspension peut également être obtenue par accord entre le débiteur et le créancier, formalisé par écrit et transmis au commissaire de justice. Ce dernier suspend alors la procédure jusqu’à la date fixée. Ce cas reste rare et suppose une preuve concrète de remboursement imminent, comme une vente notariée déjà engagée. Le rôle du commissaire dans cette phase est détaillé dans le commandement de payer par huissier. La suspension amiable repose essentiellement sur la confiance. Les banques ne l’accordent que lorsqu’elles ont la garantie absolue que l’argent sera versé dans un délai court. Il peut s’agir d’un compromis temporaire pour permettre à un notaire de finaliser une vente ou à un investisseur de débloquer les fonds. Cette voie est souvent plus rapide que la voie judiciaire, mais aussi plus exigeante, car le créancier n’accepte que les dossiers solides et irréprochables. Dans ce contexte, la qualité de la communication avec la banque et le commissaire de justice est déterminante : des informations claires, des dates précises et des engagements écrits renforcent considérablement la crédibilité du débiteur.

La suspension automatique après paiement ou mainlevée

La suspension devient automatique dès le paiement intégral de la dette. Le créancier délivre alors un certificat de paiement ou une mainlevée, que le commissaire de justice notifie au tribunal. Cette situation se produit généralement après une vente à réméré, dont le produit sert à rembourser les créanciers et à lever la saisie. Cette suspension automatique constitue la seule forme irrévocable : une fois la dette réglée, aucune poursuite ne peut être réactivée. La mainlevée apparaît alors comme un document essentiel, car elle libère le bien de toute inscription et restaure la pleine propriété du débiteur. Pour les dossiers les plus urgents, cette levée peut intervenir le jour même de la signature chez le notaire, ce qui en fait une solution à la fois rapide, sécurisée et juridiquement incontestable.

La durée d’une suspension

La durée varie selon le type de suspension : quelques semaines pour un report, jusqu’à deux ans pour un délai de grâce, ou jusqu’à la signature d’un acte notarié pour une vente à réméré. Pendant cette période, le débiteur doit prouver sa bonne foi et son engagement réel. À défaut, le juge peut lever la suspension, entraînant la reprise immédiate des poursuites, comme le montre le commandement de payer non respecté. Il est important de comprendre que la suspension n’est jamais un droit acquis : elle doit être « entretenue » par le débiteur. Le juge peut demander des justificatifs supplémentaires, des preuves d’avancement ou une mise à jour de la situation. Un propriétaire inactif ou contradictoire dans ses démarches perd très rapidement le bénéfice de la protection judiciaire. Inversement, un suivi régulier du dossier, avec l’envoi spontané de pièces nouvelles et de comptes rendus d’avancement, rassure le juge et renforce la légitimité de la suspension accordée.

La suspension et la valeur du bien

Le juge apprécie la valeur du bien par rapport à la dette. Une saisie serait jugée disproportionnée si le bien couvre largement le montant réclamé. Dans ce cas, la suspension est souvent privilégiée. La vente à réméré se présente alors comme la solution la plus équilibrée : elle rembourse les créanciers sans dévaloriser le bien. En effet, la vente forcée entraîne souvent une perte importante : les biens sont vendus 20 à 50 % en dessous de leur valeur réelle. Le juge cherche donc à éviter une telle déperdition patrimoniale lorsque la situation permet une autre issue. Le réméré, parce qu’il repose sur une vente négociée et non sur une adjudication, préserve la valeur réelle du bien et évite une perte injustifiée.

Pourquoi la vente à réméré garantit la suspension et la sortie de procédure

La vente à réméré combine trois effets majeurs : la suspension immédiate de la saisie dès la présentation du projet au juge ; la levée définitive du commandement après le paiement ; et la conservation du droit de propriété grâce à la faculté de rachat. Contrairement aux recours ou plans d’apurement, le réméré apporte une solution juridique et financière complète, désintéressant les créanciers tout en préservant le patrimoine. C’est cette combinaison unique qui en fait la solution la plus efficace dans les dossiers urgents. Le réméré n’est pas seulement un outil pour stopper la saisie : c’est un mécanisme de restructuration patrimoniale qui redonne au propriétaire la possibilité de repartir sur des bases saines. De nombreux propriétaires parviennent ainsi à éviter la vente aux enchères, à stabiliser leur situation financière, puis à racheter leur bien quelques mois ou années plus tard.

FAQ – Suspension d’un commandement de payer

Qui peut suspendre un commandement de payer ?
Le juge de l’exécution ou le créancier dans le cadre d’un accord amiable, comme détaillé dans le commandement de payer par huissier.

Combien de temps dure une suspension ?
De quelques semaines à deux ans, selon la décision du juge et les circonstances, comme précisé dans le délai après un commandement de payer.

Peut-on obtenir une suspension sans passer par le tribunal ?
Oui, en cas d’accord amiable avec le créancier validé par le commissaire de justice.

Que se passe-t-il pendant la suspension ?
Toutes les poursuites sont gelées et la vente forcée reportée, le temps de finaliser une vente à réméré.

Comment obtenir une suspension rapidement ?
En présentant au juge un projet notarié crédible, comme une vente à réméré en préparation.

La suspension annule-t-elle la dette ?
Non, elle gèle seulement la procédure. Seule une vente à réméré permet d’éteindre définitivement la dette.

Pour aller plus loin, découvrez comment la vente à réméré peut offrir une seconde chance aux propriétaires en difficulté en leur permettant de récupérer leur bien tout en stoppant la saisie.

Boris Intini est le Directeur Général de PraxiFinance. Régulièrement invité dans les médias pour partager son expertise sur la monétisation immobilière, il contribue à l’enrichissement du site par la rédaction d’articles dédiés aux eneux des propriétaires en recherches actives de liquidités.

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