Avant de chercher une autre solution que le prêt relais, il faut comprendre sa logique : c’est une solution temporaire, qui permet de financer l’achat d’un nouveau logement en attendant la vente du précédent. Mais sa durée est strictement limitée. La plupart des établissements bancaires fixent une échéance de 12 mois, avec une prolongation possible jusqu’à 24 mois maximum. Que se passe-t-il si la maison ou l’appartement n’est toujours pas vendu au terme de cette période ? Quelles sont les solutions concrètes pour éviter le défaut de remboursement et sécuriser le projet immobilier ?
Acheter une maison avant d’avoir vendu la sienne
Le prêt relais répond précisément à ce besoin : il permet de débloquer une partie de la valeur du bien existant pour financer un nouvel achat.
Mais en contrepartie, le remboursement dépend entièrement de la revente. Sans issue rapide, l’emprunteur s’expose à des tensions financières.
Pour comparer avec d’autres options patrimoniales, découvrez le crédit hypothécaire.
Les dangers d’un prêt relais prolongé
Ne pas vendre son bien dans les délais prévus entraîne plusieurs risques :
- Double charge financière : l’ancien crédit immobilier et le prêt relais doivent être assumés simultanément.
- Baisse du marché : si les prix chutent, le montant de la vente peut être insuffisant pour solder le prêt relais.
- Risque de saisie : en cas de défaut de remboursement, la banque peut engager une procédure de saisie immobilière.
Pour anticiper ces situations, consultez aussi notre page sur la fin d’un prêt relais.
Prêt relais après 2 ans : peut-on le prolonger ?
En pratique, non. La durée maximale de 24 mois est ferme pour la quasi-totalité des banques.
Dans de rares cas, un délai supplémentaire peut être accordé si un compromis de vente est déjà signé. Mais il s’agit d’exceptions qui ne concernent qu’un faible nombre de dossiers.
Plus d’informations dans notre analyse sur la prolongation d’un prêt relais.

Combien coûte un prêt relais par mois ?
Dans sa forme la plus courante, le prêt relais est in fine : chaque mois, vous ne payez que les intérêts, et l’assurance éventuelle, sur la somme avancée ; le capital est remboursé en une fois, à la vente. Le coût mensuel se calcule simplement : montant du prêt relais multiplié par le taux annuel, divisé par douze, auquel s’ajoute l’assurance.
Le coût total dépend donc directement de la durée. Une vente conclue en quelques mois limite la facture ; un bien qui ne se vend pas fait courir les intérêts jusqu’à l’échéance, en plus des mensualités du crédit principal. Certaines banques proposent de différer les intérêts jusqu’à la vente : la mensualité disparaît, mais la somme due à la vente augmente. Comparez toujours le coût total sur une durée de vente réaliste, pas seulement la mensualité.
Quelle autre solution que le prêt relais quand le bien n’est pas vendu ?
Lorsqu’aucune prolongation n’est possible, plusieurs solutions existent :
- Rachat du prêt relais : transformer le capital restant dû en prêt amortissable classique, sur 15 à 20 ans.
- Crédit hypothécaire : utiliser la valeur nette d’un bien immobilier comme garantie pour obtenir des liquidités.
- Vente à réméré : vendre son bien avec faculté de rachat, encadrée par le Code civil (texte officiel).
- Vente avec complément de prix : obtenir une avance de trésorerie avant la cession définitive.
- Portage immobilier : transférer provisoirement la propriété à un investisseur tout en conservant l’usage du logement.
Chacune de ces solutions permet d’éviter une impasse financière en cas de blocage prolongé.
Quelle autre solution que le prêt relais avant d’acheter ?
Avant même de signer un prêt relais, plusieurs options évitent de dépendre d’une vente à date incertaine :
- vendre d’abord, puis acheter, en négociant si besoin une date de libération différée avec votre acquéreur ;
- le crédit hypothécaire pour un achat : adossé à un bien que vous possédez déjà, il peut financer jusqu’à 50 % de sa valeur, et jusqu’à 50 % de la valeur du bien acheté selon les régions, généralement sans apport ;
- la vente avec complément de prix : vente définitive de l’ancien bien, qui vous verse de 42 % à 60 % de sa valeur à la signature, puis tout ce qui dépasse ce prix à la revente, comme une avance en attendant la vente.
Le bon choix dépend de vos revenus, de la valeur des deux biens et du délai dans lequel vous devez signer.
Une nouvelle génération de crédit hypothécaire pour sortir d’un prêt relais bloqué
Depuis peu, certaines banques proposent un crédit hypothécaire amortissable destiné aux propriétaires dont le prêt relais arrive à échéance sans vente effective du bien immobilier. À lire également : prêt relais hypothécaire.
Cette solution permet de refinancer la situation sans vendre dans l’urgence, à condition de disposer :
- d’un bien détenu en nom propre ;
- de revenus stables ;
- d’un patrimoine immobilier présentant une valeur suffisante.
Selon les dossiers étudiés, le financement peut atteindre jusqu’à 70 % de la valeur du bien hypothéqué.
Une solution pour éviter une pression financière excessive
Lorsque la vente tarde, certains emprunteurs se retrouvent avec :
- un prêt relais ;
- un crédit immobilier classique ;
- et parfois deux biens à supporter simultanément.
Le crédit hypothécaire permet alors de transformer une dette de court terme en financement amortissable sur une durée pouvant atteindre 25 ans, avec des mensualités plus étalées.
Jusqu’à 100 000 € de trésorerie, les fonds sont utilisables sans justificatif d’emploi. Lorsque le financement sert à solder des crédits existants, dont le prêt relais, cette part doit rester inférieure à 60 % du montant emprunté. Les fonds peuvent notamment servir à :
- solder le prêt relais ;
- conserver le bien plus longtemps ;
- absorber une baisse temporaire du marché immobilier ;
- ou réorganiser sa trésorerie.
Des délais rapides malgré des situations parfois urgentes
Certaines banques proposent aujourd’hui :
- un accord de principe obtenu en environ une semaine ;
- une expertise du bien pouvant être réalisée à distance sur pièces ;
- un déblocage des fonds en 30 à 45 jours après acceptation du dossier par la banque.
Les conditions actuellement observées sur ce type d’opération se situent généralement autour :
- d’un taux fixe qui dépend de l’objet du financement : de 4,10 % à 4,80 % en amortissable selon la durée (4,30 % in fine) pour un achat immobilier, 5,75 % en amortissable (6 % in fine) pour une trésorerie ou un regroupement de crédits, taux fixe hors assurance, selon profil, sous réserve d'acceptation du dossier par la banque ;
- de frais globaux estimés à environ 8,5 à 9,5 % ;
- d’un financement pouvant couvrir jusqu’à 70 % de la valeur du bien immobilier.
Exemple représentatif d'un crédit hypothécaire de trésorerie consenti à un particulier, assorti d'une hypothèque et présenté par PraxiFinance, courtier ORIAS n° 13005512 : 100 000 € empruntés sur 12 ans au taux débiteur fixe de 5,75 %, 144 mensualités de 955,48 €, TAEG fixe de 7,91 %, montant total dû de 137 589,12 €, frais inclus et financés par le prêt, sans assurance emprunteur obligatoire. L'emprunteur dispose d'un délai de réflexion de 10 jours à compter de la réception de l'offre de prêt. Aucun versement, de quelque nature que ce soit, ne peut être exigé d'un particulier avant l'obtention d'un ou plusieurs prêts d'argent. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Pour certains propriétaires confrontés à la fin d’un prêt relais sans solution immédiate de vente, cette approche constitue désormais une alternative intermédiaire entre le refinancement bancaire classique et les mécanismes patrimoniaux plus complexes comme le réméré ou le portage immobilier. À lire également : prêt pour rénovation énergétique.
Le rachat du prêt relais comme solution principale
Si le bien n’est pas vendu, la solution la plus courante est de transformer le prêt relais en crédit immobilier amortissable.
Exemple : un capital de 250 000 € peut être refinancé sur 20 ans, avec des mensualités adaptées à la capacité de remboursement de l’emprunteur.
En savoir plus sur la garantie d’un prêt relais.
Rôle de l’ordre irrévocable du notaire
Lorsqu’une vente se conclut, le notaire est tenu par un ordre irrévocable de verser le produit de la transaction en priorité à la banque pour solder le prêt relais.
Cet ordre, qui n’est pas révocable, constitue la sécurité principale de l’établissement prêteur.
Quelle est la durée d’un prêt relais ?
Un prêt relais prend fin :
- soit lors de la vente effective du bien,
- soit à l’issue de la durée maximale de 24 mois.
En cas de non-vente, l’emprunteur doit soit refinancer la dette, soit mobiliser d’autres solutions patrimoniales.
Exemple concret : Sophie, 48 ans
Sophie a contracté un prêt relais de 180 000 € pour acheter un appartement à Lyon.
Au bout de 24 mois, sa maison n’est toujours pas vendue.
Sa banque refuse une nouvelle prolongation.
Pour éviter le défaut de paiement, elle transforme son prêt relais en crédit amortissable sur 20 ans.
Elle aurait également pu envisager une vente à réméré, qui lui aurait permis d’obtenir des liquidités en cédant temporairement sa maison avec faculté de rachat. À lire également : ma maison ne se vend pas.
Comment rembourser un prêt relais sans vendre ?
Lorsqu’un prêt relais arrive à échéance sans vente, l’emprunteur doit envisager plusieurs solutions pour rembourser l’emprunt. La banque peut proposer de transformer le financement en prêt immobilier amortissable, avec une mensualité adaptée à la capacité de remboursement. Selon la situation, un rachat de crédit peut permettre de regrouper plusieurs crédits immobiliers et réduire le taux d’endettement. Le propriétaire d’une résidence principale ou d’un bien locatif peut aussi mobiliser une hypothèque pour obtenir un nouveau financement. Un courtier aide à comparer le meilleur taux, la durée de crédit ou encore les conditions d’assurance emprunteur, afin d’anticiper le coût total et sécuriser l’opération.
FAQ
Que faire si mon prêt relais arrive à échéance sans vente ?
Il faut rapidement négocier une solution avec la banque : transformation en crédit amortissable, apport personnel ou solution alternative comme le réméré.
Peut-on prolonger un prêt relais de plus de 24 mois ?
Non, sauf exception rarissime si un compromis est déjà signé. La durée maximale fixée par les banques reste 24 mois.
Existe-t-il un risque de saisie avec un prêt relais ?
Oui. En cas de non-remboursement et d’absence de solution, la banque peut engager une procédure de saisie immobilière.
Quelles alternatives existent si le prêt relais n’est pas soldé ?
Le rachat en crédit amortissable, le crédit hypothécaire, la vente à réméré ou le portage immobilier sont les principales options.
Qu’est-ce qu’un prêt relais in fine ?
C’est une formule où seuls les intérêts sont payés pendant la durée du prêt. Le capital est remboursé en une fois à la revente.
Quelle est la principale garantie d’un prêt relais ?
L’ordre irrévocable du notaire, qui oblige à affecter le produit de la vente au remboursement prioritaire du prêt relais.
Quel est le taux moyen d’un prêt relais en 2026 ?
Entre 4 % et 5 %, selon la durée, le profil de l’emprunteur et les garanties apportées.









