Guide pratique

Faillite personnelle : conserver sa maison, est-ce possible ?

Même en cas de faillite, la maison familiale peut être sauvegardée. Des solutions juridiques et financières le permettent.

Boris Intini
Directeur Général Associé de PraxiFinance
Mis à jour le
04 June 2026
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Maître Olivier Descamps, avocat au barreau de ParisContenu juridique relu par Maître Olivier Descamps, avocat au barreau de Paris, le 11 octobre 2026. Cette relecture porte sur les informations juridiques de la page ; elle ne constitue ni une garantie des opérations présentées, ni un conseil personnalisé.

Lorsqu’un dirigeant ou un entrepreneur individuel se retrouve en faillite personnelle, sa principale angoisse est souvent de perdre son logement. En effet, la maison familiale représente à la fois une valeur financière et un ancrage émotionnel. Pourtant, contrairement à ce que beaucoup croient, la faillite personnelle ne conduit pas systématiquement à la perte du bien immobilier. Plusieurs solutions permettent de le protéger, de le vendre avec faculté de rachat, ou de différer une saisie. En 2026, dans un contexte de hausse des liquidations et de refus bancaires, savoir comment garder sa maison malgré la faillite est essentiel pour préserver la stabilité du foyer et envisager un rebond.

Ce que prévoit la loi en cas de faillite personnelle

La faillite personnelle est une décision du tribunal qui sanctionne la gestion d’un dirigeant ou d’un entrepreneur individuel. Elle n’entraîne pas, à elle seule, la vente de ses biens, mais elle intervient le plus souvent dans le cadre d’une liquidation judiciaire et permet aux créanciers de reprendre leurs poursuites. Pour le seul entrepreneur individuel, la résidence principale est toutefois insaisissable de plein droit par ses créanciers professionnels depuis la loi n° 2015-990 du 6 août 2015 (pour les dettes nées après sa publication), et la loi n° 2022-172 du 14 février 2022, en vigueur le 15 mai 2022, sépare ses patrimoines professionnel et personnel ; les créanciers personnels, comme la banque du crédit immobilier, conservent en revanche leurs droits. Le bien peut donc rester exposé à la saisie lorsque les dettes sont personnelles ou garanties par le dirigeant. Pour éviter cette issue, le recours à des solutions patrimoniales alternatives comme la vente à réméré ou le prêt viager hypothécaire est de plus en plus courant.

Vendre avec faculté de rachat pour garder la main sur sa maison

La vente à réméré est un dispositif notarié qui permet à un propriétaire en difficulté de vendre son bien à un investisseur tout en gardant la faculté de le racheter dans un délai de 5 ans au plus. Cette solution, encadrée par les articles 1659 et suivants du Code civil, permet de solder les dettes urgentes tout en conservant le droit de récupérer le bien plus tard. En pratique, le propriétaire obtient immédiatement un prix généralement compris entre 50 % et 60 % de la valeur de son bien, ce qui lui permet de payer ses créanciers, d’éviter la saisie, et de retrouver un équilibre. Cette approche, largement utilisée par les dirigeants en faillite personnelle ou en liquidation judiciaire, est détaillée dans faillite personnelle et dettes : quelles solutions ?.

Pourquoi le réméré est plus efficace qu’un plan de remboursement

Contrairement à un plan d’apurement ou à une négociation bancaire, la vente à réméré n’ajoute aucune dette. Elle libère des liquidités immédiatement, sans passer par la banque. Le vendeur peut rester occupant de son bien pendant la durée prévue au contrat, moyennant une indemnité d’occupation de 10 à 12 % par an, payée d’avance. À la fin, il a deux options : soit il rachète son bien, soit il exerce sa faculté de rachat au moment d’une revente à un tiers et conserve la différence entre le prix de revente et le prix de rachat. Sans rachat dans le délai, l’investisseur reste propriétaire. Ce mécanisme évite les lourdeurs judiciaires, les reports interminables et la pression des commissaires de justice. En cas d’endettement massif, c’est l’une des rares alternatives rapides et légales à la saisie.

La solution du prêt viager hypothécaire

Pour les propriétaires de 60 ans et plus, une autre voie existe : le prêt viager hypothécaire. Il permet de recevoir en une fois un capital de 15 % à 50 % de la valeur du bien, selon l’âge et la localisation, sans aucun remboursement du vivant de l’emprunteur. Ce dispositif, présenté dans effacement des dettes après faillite personnelle : comment ça marche ?, est souvent combiné à une négociation de dettes fiscales. Toutefois, il ne s’adresse qu’à un public senior et reste limité dans les montants obtenus. C’est pourquoi la vente à réméré reste la solution la plus souple pour les propriétaires actifs, dirigeants, indépendants ou commerçants.

Exemple concret : sauver sa maison grâce à la vente à réméré

Catherine, chef d’entreprise dans le bâtiment, a été déclarée en faillite personnelle en 2023. Sa maison, estimée à 480 000 €, risquait la saisie. Les banques refusaient tout financement, son nom étant inscrit au FICP. Accompagnée par PraxiFinance, elle a opté pour une vente à réméré. En trois semaines, elle a perçu 260 000 € de liquidités, lui permettant de rembourser ses dettes fiscales et d’éviter la liquidation de son bien. Elle a conservé la jouissance de sa maison et, deux ans plus tard, a pu racheter le bien intégralement après le redressement de son activité. Ce type d’opération démontre que la vente à réméré protège avant tout la dignité et la stabilité des familles.

Faillite personnelle et liquidation judiciaire : attention à la confusion

La faillite personnelle et la liquidation judiciaire sont souvent confondues, alors qu’elles visent des réalités différentes. La liquidation judiciaire concerne l’entreprise, tandis que la faillite personnelle touche le dirigeant à titre individuel. Le patrimoine privé du dirigeant n’est en principe pas engagé par la liquidation de sa société ; il peut l’être en cas de caution personnelle ou de condamnation pour insuffisance d’actif. La faillite personnelle ne peut être prononcée que pour l’un des faits énumérés par la loi (articles L653-3 à L653-6 du Code de commerce). Ces distinctions sont analysées dans faillite personnelle ou liquidation judiciaire : différences et conséquences.

Les réflexes à adopter pour éviter la saisie

Dès les premiers signes de tension financière, il est essentiel d’agir avant que la saisie ne soit ordonnée. Première étape : contacter un professionnel spécialisé dans la monétisation de patrimoine pour évaluer les options. Deuxième étape : éviter de multiplier les crédits ou refinancements bancaires, souvent refusés ou aggravants. Troisième étape : privilégier les dispositifs légaux comme la vente à réméré, qui redonne du temps et de la marge de manœuvre. Un article détaillé sur ce sujet est disponible dans rebondir après une faillite personnelle : solutions concrètes.

Une stratégie patrimoniale et psychologique

Sauver sa maison après une faillite, c’est aussi se reconstruire moralement. La perte du logement est souvent vécue comme une humiliation. Le réméré permet d’éviter ce traumatisme en transformant la dette en solution. Le dirigeant reprend le contrôle, protège sa famille et gagne du temps pour rebâtir. Ce modèle, plébiscité par de nombreux notaires et juristes, illustre une évolution du rapport à la dette : ne plus subir, mais transformer son bien en outil de rebond financier.

Conclusion : protéger son bien, protéger son avenir

La maison est plus qu’un actif : c’est un pilier de stabilité. En cas de faillite personnelle, il est vital d’agir rapidement pour éviter qu’elle ne soit saisie ou bradée. La vente à réméré offre une alternative concrète, humaine et juridiquement solide pour traverser la crise sans tout perdre. Elle permet de payer ses dettes, d’éviter la liquidation, et de retrouver un second souffle.
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FAQ : Peut-on garder sa maison en cas de faillite personnelle ?

Perd-on automatiquement sa maison en cas de faillite ?

Non. Pour un entrepreneur individuel, la loi protège la résidence principale contre les seuls créanciers professionnels, et des solutions patrimoniales existent pour la conserver.

Quelles sont les solutions pour éviter la saisie ?

La vente à réméré et le prêt viager hypothécaire sont les deux principales options.

Combien de temps faut-il pour mettre en place un réméré ?

10 à 20 jours à Paris, 30 à 60 jours en province, principalement en raison de la déclaration d’intention d’aliéner.

Peut-on continuer à vivre dans le bien pendant l’opération ?

Oui, selon les conditions du contrat. Le vendeur peut rester occupant pendant la période prévue, moyennant une indemnité d’occupation de 10 à 12 % par an payée d’avance, jusqu’au rachat.

Est-ce une solution reconnue par les notaires ?

Oui. La vente à réméré est prévue par les articles 1659 et suivants du Code civil et reçue par acte notarié.

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« PraxiFinance, une maison familiale qui accompagne les propriétaires depuis 1990 »
Portrait de PraxiFinance publié le 22 décembre 2025 dans l’espace partenaires du Point (Le Point Services).
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Article rédigé par
Boris Intini
Directeur Général Associé de PraxiFinance

Boris Intini est directeur général associé de PraxiFinance, courtier spécialiste du crédit hypothécaire depuis 1990. Régulièrement invité dans les médias sur le crédit hypothécaire, la vente à réméré et le prêt viager hypothécaire, il rédige les articles du site consacrés au financement des propriétaires.

Publié le
13 October 2025
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