Lorsqu’un propriétaire vend un bien immobilier pour en acheter un autre, une question revient fréquemment : “Puis-je conserver mon prêt actuel et le transférer sur le nouveau bien ?”
L’idée est logique :
- garder un taux avantageux,
- éviter des frais de remboursement anticipé,
- conserver une mensualité connue.
Mais dans la réalité, le transfert de prêt immobilier est une exception, et non une règle.
Cette page explique :
- ce qu’est réellement un transfert de prêt,
- dans quels cas il est juridiquement possible,
- pourquoi il est très souvent refusé,
- et quelles alternatives existent lorsque le transfert n’est pas accordé.
Qu’est-ce qu’un transfert de prêt immobilier ?
Le transfert de prêt consiste à :
- conserver un crédit immobilier existant,
- vendre le bien initialement financé,
- et affecter ce même prêt à l’achat d’un autre bien immobilier.
Le contrat de prêt reste en place, mais la garantie change de support.
Principe général : le prêt est lié au bien financé
Un prêt immobilier est accordé :
- pour un bien précis,
- avec une garantie calculée sur ce bien,
- selon un risque évalué à un instant donné.
Lorsque le bien est vendu :
- la garantie disparaît,
- le risque initial est modifié,
- la banque exige donc, par principe, le remboursement du prêt.
Le transfert est donc une dérogation exceptionnelle à ce principe.
Le transfert de prêt est-il prévu dans tous les contrats ?
Non, très loin de là
Pour qu’un transfert soit envisageable, il faut :
- une clause de transférabilité explicitement prévue dans le contrat,
- ou un accord exceptionnel de la banque.
Or :
- la majorité des contrats ne prévoient pas cette clause,
- et même lorsqu’elle existe, elle est strictement encadrée.
Les conditions exigées pour un transfert de prêt
Lorsqu’un transfert est envisagé, la banque examine :
- la valeur du nouveau bien,
- la nature du bien (résidence principale, locatif),
- la solvabilité actuelle de l’emprunteur,
- la stabilité professionnelle et financière,
- l’absence de tout incident de paiement.
Il s’agit quasiment d’un nouveau dossier de crédit.
Pourquoi les banques refusent le plus souvent le transfert
1. Le risque bancaire change
Le nouveau bien peut :
- être moins liquide,
- moins bien situé,
- ou présenter un risque supérieur.
2. La situation de l’emprunteur a évolué
Même si le crédit est ancien :
- les revenus peuvent avoir baissé,
- l’âge a augmenté,
- la situation familiale a changé.
3. Le contexte réglementaire a durci
Les banques préfèrent :
- solder un prêt existant,
- et renégocier sur une base nouvelle,
- plutôt que maintenir un ancien crédit à conditions avantageuses.
Le refus est aujourd’hui la norme, pas l’exception.
Peut-on transférer un prêt en cas de difficulté financière ?
Dans les faits :
- dès qu’il existe des impayés,
- une tension de trésorerie,
- ou un contentieux,
Le transfert est quasiment impossible.
La banque privilégie alors :
- le remboursement,
- la sécurisation de sa créance,
- et non la continuité du crédit.
Les conséquences d’un refus de transfert
Lorsque le transfert est refusé :
- le prêt doit être remboursé lors de la vente,
- le produit de la vente est souvent absorbé,
- et il reste peu de trésorerie pour rebondir.
C’est souvent à ce moment que la situation se tend.
Pourquoi cette recherche cache souvent un autre besoin
Derrière la question du transfert se cache souvent :
- la volonté de conserver du cash,
- la peur de perdre un taux avantageux,
- ou la nécessité de financer une transition.
Le besoin réel est rarement le prêt lui-même, mais la trésorerie.
Quand le transfert n’est pas possible : changer de stratégie
Forcer un transfert :
- n’est pas une option légale,
- expose à des refus en chaîne,
- et fait perdre un temps précieux.
Il faut alors raisonner autrement, sans enfreindre les règles.
La vente à réméré : une alternative quand le transfert est refusé
Ce que permet le réméré
La vente à réméré est :
- une vente temporaire du bien immobilier,
- réalisée devant notaire,
- permettant d’obtenir des liquidités immédiates,
- avec un droit de rachat prioritaire.
Le crédit existant est remboursé, mais :
- le bien peut être récupéré ultérieurement,
- la pression bancaire disparaît,
- et le vendeur retrouve de la flexibilité.
Pourquoi le réméré répond à l’impasse du transfert
Le réméré permet :
- de solder le prêt existant,
- d’éviter une vente définitive subie,
- de financer une transition (rachat, projet, vente future),
- sans dépendre d’un accord bancaire incertain.
Ce n’est pas un transfert de prêt, mais une reprise de contrôle.
Une solution encadrée et sécurisée
Le réméré :
- est prévu par le Code civil,
- signé chez le notaire,
- avec des conditions écrites,
- et une durée limitée.
Il doit être étudié au cas par cas, sans précipitation.
FAQ – Transfert de prêt immobilier
Le transfert est-il un droit ?
Non. Il dépend du contrat et de l’accord de la banque.
Est-ce fréquent ?
Non. C’est aujourd’hui très rare.
Peut-on forcer la banque ?
Non. Le refus est légal.
Le réméré est-il une alternative ?
Oui, lorsque le transfert est impossible et que la trésorerie est nécessaire.
À retenir
- Le transfert de prêt immobilier est une exception
- Il nécessite une clause ou un accord bancaire
- Il est souvent refusé, surtout en période de tension
- Forcer n’est pas une option
- La vente à réméré est une solution légale pour gérer la transition



