Quels sont les risques de ne pas payer un crédit ?

Boris Intini
Directeur général de PraxiFinance
Mis à jour le
15 January 2026

Ne pas payer un crédit immobilier n’est jamais un choix volontaire. Dans la majorité des cas, il s’agit d’un accident de parcours : perte de revenus, séparation, divorce, problème de santé, tension professionnelle, ou difficulté temporaire de trésorerie. Pourtant, les conséquences peuvent être lourdes si la situation n’est pas comprise et traitée à temps. Beaucoup de propriétaires pensent qu’un retard est anodin, ou qu’il suffira de « rattraper plus tard ». En réalité, le crédit immobilier obéit à des règles strictes, et certains seuils déclenchent des mécanismes juridiques difficiles à enrayer.

Cet article a pour objectif de :

  • expliquer ce qui se passe réellement lorsque les mensualités ne sont plus payées,
  • détailler les risques concrets après plusieurs impayés,
  • clarifier la notion clé de déchéance du terme,
  • et présenter les solutions existantes pour éviter la saisie, lorsque les options bancaires sont fermées.

Ne pas payer un crédit : de quoi parle-t-on exactement ?

Un impayé de crédit immobilier correspond à :

  • une mensualité non réglée à la date prévue,
  • ou réglée partiellement,
  • sans régularisation rapide.

Un impayé isolé peut parfois être absorbé.
En revanche, la répétition des impayés change radicalement la situation.

Le seuil critique : 3 échéances consécutives impayées

Pourquoi ce seuil est déterminant

Dans la pratique bancaire française, 3 mensualités consécutives non payées constituent un point de bascule.

À partir de ce moment :

  • la banque considère que le contrat de prêt n’est plus respecté,
  • le dossier bascule souvent en gestion contentieuse,
  • et une procédure juridique peut être engagée.

Il ne s’agit plus d’un simple retard, mais d’un manquement contractuel caractérisé.

La déchéance du terme : le risque majeur souvent mal compris

Qu’est-ce que la déchéance du terme ?

La déchéance du terme permet à la banque :

  • de rompre le calendrier initial du prêt,
  • d’exiger le remboursement immédiat de la totalité du capital restant dû,
  • et non plus seulement des mensualités en retard.

Pourquoi c’est un choc pour le propriétaire

Un crédit prévu sur 20 ou 25 ans devient soudain :

  • exigible immédiatement,
  • pour un montant souvent très élevé,
  • sans possibilité réaliste de paiement en une seule fois.

C’est à ce moment-là que le risque devient structurel.

Après la déchéance du terme : l’entrée dans le contentieux bancaire

Une fois la déchéance prononcée :

  • la relation bancaire classique est rompue,
  • les services de recouvrement prennent le relais,
  • les intérêts, pénalités et frais s’ajoutent à la dette.

Le commandement de payer

La banque peut alors faire délivrer un commandement de payer valant saisie immobilière par commissaire de justice.

Ce document :

  • fixe un dernier délai légal,
  • ouvre la voie à une procédure judiciaire de saisie,
  • et marque une accélération du processus.

La saisie immobilière : une conséquence possible, mais pas immédiate

Contrairement aux idées reçues :

  • la saisie n’est pas automatique,
  • elle suit une procédure progressive et encadrée,
  • avec intervention du juge.

Cependant, plus la procédure avance, plus les marges de manœuvre se réduisent.

Les autres risques liés aux impayés de crédit immobilier

1. Accumulation des frais

  • frais de recouvrement,
  • frais juridiques,
  • intérêts de retard,
  • pénalités contractuelles.

La dette peut augmenter rapidement.

2. Blocage total de l’accès au crédit

Une fois en contentieux :

  • aucun établissement bancaire n’accepte de refinancer,
  • le rachat de crédit est impossible,
  • même les solutions hypothécaires classiques sont bloquées.

3. Vente judiciaire du bien

En cas de saisie :

  • le bien est vendu aux enchères,
  • souvent avec une forte décote,
  • sans maîtrise du prix ni du calendrier.

C’est généralement la pire issue patrimoniale.

Pourquoi attendre est souvent une erreur stratégique

Beaucoup de propriétaires espèrent :

  • une amélioration future,
  • une négociation tardive,
  • ou une vente « quand le marché ira mieux ».

Le problème est que :

  • la banque agit selon un calendrier juridique,
  • les délais ne sont pas extensibles,
  • et l’inaction joue toujours contre le propriétaire.

Quand les solutions bancaires ne sont plus accessibles

À ce stade :

  • les banques refusent tout nouveau crédit,
  • les organismes classiques ferment la porte,
  • le patrimoine immobilier reste pourtant la principale valeur mobilisable.

C’est précisément dans ce contexte que des solutions alternatives, légales et encadrées existent.

La vente à réméré : une solution pour sortir du blocage

Qu’est-ce que la vente à réméré ?

La vente à réméré est :

  • une vente temporaire du bien immobilier, réalisée devant notaire,
  • assortie d’un droit de rachat prioritaire au profit du vendeur,
  • pour une durée définie à l’avance.

Elle est prévue par le Code civil et parfaitement légale.

Pourquoi le réméré est pertinent en cas d’impayés de crédit

La vente à réméré permet :

  • d’obtenir des liquidités immédiates,
  • de rembourser la banque et stopper la procédure,
  • d’éviter une saisie judiciaire,
  • de préserver, dans de nombreux cas, l’occupation du logement,
  • et de se laisser le temps de se réorganiser.

Elle traite le problème à la racine : la dette exigible.

Une solution encadrée, notariée et sécurisée

Contrairement à certaines idées reçues :

  • le prix de vente est fixé contractuellement,
  • le prix de rachat est connu dès le départ,
  • les conditions sont écrites et opposables,
  • l’acte est signé chez le notaire.

Il ne s’agit ni d’une vente forcée, ni d’un montage opaque.

Un choix de stratégie patrimoniale, pas un aveu d’échec

Recourir à une vente à réméré, c’est :

  • reprendre le contrôle dans une situation contrainte,
  • éviter une vente judiciaire destructrice de valeur,
  • et préserver une chance de récupérer son bien.

Dans de nombreux cas, c’est la solution la plus rationnelle, lorsque le crédit immobilier n’est plus tenable à court terme.

FAQ – Impayés de crédit immobilier et risques

Combien de mensualités impayées avant une saisie ?

En pratique, 3 échéances consécutives impayées peuvent conduire à la déchéance du terme, puis à une procédure de saisie si aucune solution n’est trouvée.

La banque peut-elle saisir sans prévenir ?

Non. La saisie suit une procédure formelle : impayés, déchéance du terme, commandement de payer, puis décision judiciaire.

Peut-on encore agir après un commandement de payer ?

Oui, mais le temps est compté. Certaines solutions, comme la vente à réméré, restent possibles avant l’audience de saisie.

La vente à réméré efface-t-elle la dette ?

Elle permet de rembourser la banque et d’éteindre la procédure. Elle ne supprime pas les difficultés passées, mais elle les neutralise juridiquement.

Est-ce risqué juridiquement ?

Non, à condition que l’opération soit structurée, notariée et accompagnée par des professionnels.

À retenir

  • Ne pas payer un crédit immobilier expose à des risques majeurs
  • 3 mensualités impayées peuvent entraîner la déchéance du terme
  • La saisie est progressive, mais difficile à stopper tardivement
  • Attendre aggrave presque toujours la situation
  • La vente à réméré est une solution légale pour éviter la saisie

Boris Intini est le Directeur Général de PraxiFinance. Régulièrement invité dans les médias pour partager son expertise sur la monétisation immobilière, il contribue à l’enrichissement du site par la rédaction d’articles dédiés aux eneux des propriétaires en recherches actives de liquidités.

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