Guide pratique

Payer un EHPAD sans moyens : les solutions pour les propriétaires

Le prêt viager hypothécaire ou la vente avec complément de prix permettent d’obtenir un capital immédiat pour financer la dépendance.

Boris Intini
Directeur Général Associé de PraxiFinance
Mis à jour le
04 June 2026
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Payer un EHPAD sans moyens suffisants est une situation fréquente : le tarif mensuel d’un établissement dépasse souvent la pension du résident, et le reste à charge pèse lourdement sur les familles. Beaucoup de familles sont démunies : vendre le logement du parent est douloureux, solliciter les enfants est difficile, et les banques refusent d’accorder un crédit à des personnes âgées. Pourtant, ne pas avoir les moyens ne signifie pas ne pas avoir de solution.

Pour les propriétaires de plus de 60 ans, le prêt viager hypothécaire libère une partie de la valeur du bien sans mensualité ; la dette ne peut jamais dépasser la valeur du logement.

Comprendre la situation réelle : manque de revenus, mais pas de patrimoine

Dans la majorité des cas, les personnes âgées qui “n’ont pas les moyens” possèdent pourtant un bien immobilier : une maison, un appartement, ou parfois une résidence secondaire. Ce capital, souvent transmis par le travail d’une vie, dort. Il ne produit ni revenu, ni liquidité, alors qu’il pourrait financer plusieurs années de maison de retraite. La clé est donc simple : transformer la valeur de ce bien en trésorerie, par un prêt ou par une vente adaptée à la situation. C’est tout l’objet de la monétisation patrimoniale.

Transformer la pierre en solution : la monétisation immobilière

Les solutions de monétisation immobilière permettent aux propriétaires âgés ou à leurs enfants de dégager un capital en mobilisant le logement familial. Les plus connues sont :

  • le prêt viager hypothécaire,
  • la vente avec complément de prix,
  • la vente à réméré, selon les besoins et la situation du parent.
  • Toutes reposent sur un principe commun : convertir la valeur immobilière en liquidités, sans mensualité de remboursement.

Le prêt viager hypothécaire : financer sans vendre

C’est la solution la plus douce, ouverte dès 60 ans. Le propriétaire obtient de 15 % à 50 % de la valeur de son bien selon son âge et la localisation, en un seul versement, sans mensualité ni assurance. Le prêt est garanti par le bien et ne sera remboursé qu’à la succession. Plus d’explications dans la page “Financer un EHPAD avec un prêt viager hypothécaire”. Ce dispositif est particulièrement adapté lorsque le parent souhaite rester propriétaire de sa maison, tout en finançant son hébergement. À lire également : comment financer un EHPAD privé.

La vente avec complément de prix : une avance immédiate

Pour les situations urgentes, la vente avec complément de prix pour financer un EHPAD permet d’obtenir une avance en attendant la vente, en 10 à 20 jours à Paris et 30 à 60 jours en province. Il s’agit d’une vente définitive : le propriétaire touche 42 % à 60 % de la valeur du bien à la signature, puis, à la revente, ce qui dépasse ce prix. Ce complément dépend des conditions du contrat et du prix de revente effectivement obtenu : il n’est pas garanti, et aucun complément n’est dû si le bien n’est pas revendu au-dessus du prix d’achat. C’est une solution notariée, qui permet d’éviter une vente précipitée.

La vente à réméré : garder une chance de rachat

Si la famille souhaite récupérer le bien plus tard, la vente à réméré est la meilleure alternative. Elle consiste à vendre le logement à un investisseur avec faculté de rachat, à percevoir les fonds nécessaires pour financer l’EHPAD, puis à racheter le bien dans un délai de 5 ans au plus (6 à 36 mois en pratique). Cette option protège à la fois le parent et les héritiers, en leur laissant le temps de reconstituer la trésorerie.

Quand les aides publiques ne suffisent plus

Les aides comme l’APA (Allocation personnalisée d’autonomie) ou l’ASH (Aide sociale à l’hébergement) ne couvrent qu’une partie du coût. L’APA varie selon le degré de dépendance, l’ASH dépend des revenus et des enfants à charge. Ces dispositifs restent essentiels, mais ils laissent souvent un reste à charge élevé. C’est précisément ce reste qu’une solution patrimoniale peut combler.

Aider un parent sans se ruiner soi-même

De plus en plus d’enfants participent au financement de l’EHPAD de leurs parents. Mais cette solidarité atteint vite ses limites : perte de pouvoir d’achat, prêts personnels, tensions familiales. La monétisation patrimoniale permet d’aider sans s’endetter. Les enfants peuvent piloter le financement au nom du parent, avec l’accord du notaire, tout en maintenant l’équilibre familial. Cette approche est développée dans la page “Financer un EHPAD pour un parent âgé”.

Les conditions pour bénéficier d’une solution de monétisation

Pour accéder à ces solutions, il faut simplement être propriétaire d’un bien immobilier d’une valeur d’au moins 300 000 € (maison, appartement ou résidence secondaire). Le prêt viager hypothécaire est réservé aux propriétaires de 60 ans et plus, sans condition de revenus ; il demande 2 à 3 mois, les fonds étant versés sous 48 heures après la signature. La vente avec complément de prix et la vente à réméré se signent en 10 à 20 jours à Paris, 30 à 60 jours en province.

Pourquoi ne pas vendre immédiatement ?

Vendre un bien familial pour financer un EHPAD semble logique. Mais en réalité, cela revient souvent à sacrifier une part de patrimoine pour une urgence temporaire. Une vente rapide se fait rarement au bon prix, et elle empêche tout retour en arrière. Les solutions patrimoniales, au contraire, préservent la propriété (prêt viager hypothécaire), la faculté de racheter le bien (réméré) ou la possibilité d’un complément si la revente le permet (complément de prix), tout en apportant l’argent nécessaire.

Comment PraxiFinance accompagne les familles

PraxiFinance analyse chaque dossier en détail : âge du parent, valeur du bien, montant des frais d’EHPAD, aides existantes. L’équipe propose ensuite la meilleure stratégie : prêt viager, complément de prix ou réméré. Chaque opération est notariée, transparente et adaptée à la situation humaine avant tout. L’objectif : trouver une solution digne et équilibrée pour les familles.

Foire aux questions : payer un EHPAD sans moyens

Que faire si mes parents n’ont pas d’épargne ?

Si le parent est propriétaire d’un logement, il est possible de financer son EHPAD grâce au prêt viager hypothécaire ou à la vente avec complément de prix.

Le bien doit-il être vendu ?

Pas forcément. Le prêt viager hypothécaire dégage une trésorerie sans vente. La vente avec complément de prix est une vente définitive, mais vous percevez à la revente ce qui dépasse le prix payé par l’acquéreur, s’il y a lieu et selon le contrat.

Les enfants doivent-ils rembourser ?

Non. Avec le prêt viager hypothécaire, la dette est remboursée sur la valeur du bien, à la vente ou au décès, et ne peut jamais dépasser cette valeur : les héritiers ne sont pas tenus au-delà.

Peut-on cumuler aides publiques et financement patrimonial ?

Oui. Les aides APA et ASH peuvent être combinées avec un prêt ou une avance sur bien immobilier.

Combien de temps faut-il pour débloquer les fonds ?

Sous 48 heures après la signature pour le prêt viager hypothécaire (2 à 3 mois de procédure au total) ; 10 à 20 jours à Paris et 30 à 60 jours en province pour une vente avec complément de prix ou une vente à réméré.

Le parent garde-t-il la propriété de son logement ?

Oui avec le prêt viager hypothécaire. Avec la vente avec complément de prix, la vente est définitive mais, si le contrat le prévoit, l’occupation reste possible 6 mois à 3 ans, moyennant une indemnité d’environ 10 % par an payée d’avance et rendue au prorata en cas de départ anticipé, les lieux devant être libérés à l’échéance convenue ; avec le réméré, le parent peut racheter le bien dans un délai de 5 ans au plus.

Est-ce risqué ?

Non. L’ensemble des dispositifs est encadré par la loi et signé devant notaire.

Quel est le montant minimum pour une opération ?

En général, la valeur du bien doit être d’au moins 300 000 €. L’avance minimale est souvent de 100 000 €.

Faut-il un âge minimum ?

Oui pour le prêt viager hypothécaire : 60 ans minimum, sans questionnaire médical. La vente avec complément de prix et la vente à réméré ne posent pas de condition d’âge.

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Portrait de PraxiFinance publié le 22 décembre 2025 dans l’espace partenaires du Point (Le Point Services).
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Article rédigé par
Boris Intini
Directeur Général Associé de PraxiFinance

Boris Intini est directeur général associé de PraxiFinance, courtier spécialiste du crédit hypothécaire depuis 1990. Régulièrement invité dans les médias sur le crédit hypothécaire, la vente à réméré et le prêt viager hypothécaire, il rédige les articles du site consacrés au financement des propriétaires.

Publié le
14 October 2025
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