Fonctionnement crédit relais

Boris Intini
Directeur général de PraxiFinance
Mis à jour le
22 January 2026

Le fonctionnement du crédit relais est un sujet essentiel pour les propriétaires souhaitant acheter un nouveau bien immobilier sans attendre la vente de leur logement actuel. Ce type de crédit est souvent perçu comme une solution simple et rapide pour saisir une opportunité immobilière, éviter de passer à côté d’un bien convoité ou sécuriser un projet de changement de résidence. Pourtant, derrière cette apparente facilité se cachent des mécanismes financiers précis, des conditions strictes et des risques parfois sous-estimés. Le crédit relais n’est pas un crédit classique, car il repose sur une logique de financement transitoire fondée sur la valeur d’un bien existant, dont la vente future sert à rembourser tout ou partie du prêt. Comprendre en détail le fonctionnement du crédit relais est indispensable pour éviter les erreurs de stratégie, les tensions de trésorerie et les situations de double endettement qui peuvent devenir très lourdes à supporter.

Qu’est-ce qu’un crédit relais ?

Le crédit relais est un prêt immobilier à court terme accordé à un propriétaire qui souhaite acheter un nouveau bien avant d’avoir vendu son logement actuel. Il s’agit d’un financement temporaire destiné à « faire le lien » entre deux opérations immobilières. La banque avance une partie de la valeur du bien à vendre, en se basant sur une estimation, afin de permettre l’achat immédiat du nouveau logement. Ce crédit n’a pas vocation à durer dans le temps et doit être considéré comme une solution de transition, pas comme un financement pérenne.

Principe de base du crédit relais

Le principe du crédit relais repose sur l’anticipation de la vente future. La banque considère que le bien actuel sera vendu dans un délai raisonnable et accepte donc de prêter une somme correspondant généralement à 50 % à 70 % de sa valeur estimée. Ce montant constitue une avance de trésorerie qui sera remboursée dès la réalisation effective de la vente. Plus le marché immobilier est fluide, plus les banques sont enclines à accorder ce type de financement, car le risque de non-vente est perçu comme faible.

Comment est calculé le montant d’un crédit relais ?

Le montant du crédit relais dépend principalement de la valeur du bien à vendre et du capital restant dû sur le crédit existant. La banque déduit le solde du prêt en cours de la valeur estimée, puis applique un pourcentage de sécurité. Cette méthode permet de limiter le risque de perte en cas de vente à un prix inférieur aux prévisions. Dans certains cas, la banque peut également exiger une marge supplémentaire si le bien est situé dans une zone peu dynamique ou si le marché local est en ralentissement.

Les différents types de crédit relais

Il existe plusieurs formes de crédit relais. Le crédit relais sec concerne les emprunteurs sans crédit immobilier en cours. Le crédit relais adossé est combiné à un nouveau crédit immobilier classique. Le crédit relais intégré regroupe le relais et le nouveau prêt dans une seule structure de financement. Chaque formule répond à un profil spécifique et implique des niveaux de risque et de coût différents.

Crédit relais sec

Le crédit relais sec s’adresse aux propriétaires ayant déjà remboursé leur prêt immobilier. La banque avance une partie de la valeur du bien, sans qu’il y ait de crédit principal associé. Ce type de relais est plus simple, car il ne génère pas de double mensualité importante. Il reste toutefois soumis aux mêmes contraintes de délai de vente.

Crédit relais adossé

Le crédit relais adossé est le plus courant. Il est associé à un nouveau crédit immobilier qui finance la part du prix non couverte par le relais. L’emprunteur se retrouve alors avec deux crédits temporaires : le relais et le prêt principal, ce qui peut fortement alourdir la charge mensuelle. Cette situation nécessite une trésorerie solide et une bonne capacité d’absorption financière.

Crédit relais intégré

Le crédit relais intégré regroupe le relais et le crédit principal dans un seul contrat. Les intérêts sont lissés sur la durée globale, ce qui permet de réduire l’impact immédiat sur la trésorerie. Cette formule est souvent plus confortable mais légèrement plus coûteuse. Elle est privilégiée par les emprunteurs recherchant une stabilité budgétaire pendant la phase de transition.

Durée d’un crédit relais

La durée d’un crédit relais est généralement comprise entre 12 et 24 mois. Certaines banques acceptent des durées plus longues, mais cela reste rare. Le principe même du relais repose sur un financement court, car plus la durée est longue, plus le risque augmente. Un relais prolongé devient alors un signal d’alerte indiquant une difficulté de vente.

Modalités de remboursement

Pendant la durée du crédit relais, l’emprunteur rembourse généralement uniquement les intérêts. Le capital est remboursé en une seule fois lors de la vente du bien. Ce mécanisme permet de limiter les mensualités, mais crée une dépendance totale à la réalisation effective de la vente. En cas de retard, la pression financière devient rapidement très forte.

Crédit relais et double charge financière

Le principal inconvénient du crédit relais est la double charge financière. L’emprunteur doit souvent payer les intérêts du relais, les mensualités du nouveau crédit et parfois encore les charges liées à l’ancien logement. Cette situation peut peser lourdement sur le budget. Dans certains cas, elle oblige à réduire fortement le niveau de vie pendant plusieurs mois.

Le rôle de l’estimation immobilière

L’estimation du bien est un élément clé. Une surestimation peut conduire à un montant de relais trop élevé, rendant la vente difficile. Une sous-estimation limite la capacité d’achat. La banque se base souvent sur une expertise prudente pour réduire son risque. Il est recommandé de croiser plusieurs avis pour obtenir une valeur réaliste.

Risque principal : ne pas vendre à temps

Le risque majeur du crédit relais est l’absence de vente dans le délai prévu. Si le bien ne se vend pas, l’emprunteur doit rembourser le capital par d’autres moyens, ce qui peut entraîner un refinancement ou une vente forcée à un prix inférieur. Ce scénario est l’un des plus redoutés, car il peut générer une perte financière importante.

Crédit relais et marché immobilier

Le contexte du marché est déterminant. En marché haussier, la vente est généralement rapide. En marché baissier, les délais s’allongent et les négociations deviennent difficiles. Le crédit relais est donc plus risqué en période d’incertitude immobilière. Il doit être utilisé avec encore plus de prudence lorsque la demande ralentit.

Crédit relais et taux d’intérêt

Les taux du crédit relais sont souvent légèrement supérieurs à ceux des crédits immobiliers classiques. Cela s’explique par le caractère temporaire et risqué du financement. Plus la durée est longue, plus le coût total augmente. Les intérêts cumulés peuvent devenir significatifs si la vente tarde.

Crédit relais et capacité d’endettement

La banque vérifie la capacité d’endettement globale en intégrant le relais et le nouveau prêt. Si le taux d’endettement dépasse les seuils acceptables, le dossier est refusé. Le crédit relais nécessite donc une situation financière relativement solide. Les profils déjà fragiles sont rarement acceptés.

Crédit relais et profil de l’emprunteur

Le crédit relais est principalement accordé aux profils stables : CDI, revenus réguliers, faible endettement initial. Les profils précaires ou déjà très endettés ont très peu de chances d’y accéder. La banque privilégie la sécurité et la prévisibilité.

Faut-il vendre avant d’acheter ?

Vendre avant d’acheter est plus sécurisé, mais cela oblige souvent à trouver un logement temporaire. Le crédit relais permet d’éviter cette contrainte, mais au prix d’un risque financier. Le choix dépend du niveau de tolérance au risque de l’emprunteur et de sa capacité à gérer une période d’incertitude.

Alternatives au crédit relais

Les alternatives incluent la location temporaire, la négociation de délais avec les vendeurs, la vente avec faculté de rachat ou l’apport familial. Ces solutions évitent parfois le relais mais impliquent d’autres contraintes logistiques ou financières. Elles peuvent toutefois être moins risquées dans certains contextes.

Crédit relais et vente avec faculté de rachat

Dans certains cas, la vente avec faculté de rachat est utilisée comme alternative. Le bien est vendu temporairement pour financer le nouveau projet. Cette solution est coûteuse mais permet d’éviter le risque de non-vente dans un délai imposé. Elle doit être envisagée uniquement en dernier recours.

Simulation de crédit relais

La simulation est indispensable pour mesurer l’impact réel du relais sur le budget. Elle permet de calculer les intérêts, la charge mensuelle et la durée supportable. Une simulation négative doit conduire à reconsidérer le projet. Elle est un outil de protection contre les décisions impulsives.

Erreurs fréquentes avec le crédit relais

La première erreur est de surestimer la valeur du bien. La seconde est de sous-estimer la durée de vente. La troisième est d’ignorer la double charge financière. Ces erreurs sont responsables de la majorité des difficultés liées au relais. Elles sont souvent liées à un excès d’optimisme.

Crédit relais et discipline budgétaire

Pendant un crédit relais, la discipline budgétaire est essentielle. Les dépenses doivent être maîtrisées, car la marge de manœuvre est réduite. Le moindre imprévu peut déséquilibrer totalement le budget. Il est souvent nécessaire de constituer une épargne de sécurité avant de se lancer.

Crédit relais et stress financier

Le crédit relais est souvent source de stress. L’incertitude de la vente, la pression financière et la peur de l’échec pèsent psychologiquement. Ce facteur doit être pris en compte dans la décision. Un projet mal vécu peut avoir un impact sur la qualité de vie du foyer.

Faut-il se faire accompagner ?

L’accompagnement par un courtier ou un conseiller est fortement recommandé. Il permet d’optimiser le montage, de négocier les conditions et d’éviter les erreurs stratégiques. Le coût de l’accompagnement est souvent largement compensé par les économies réalisées.

FAQ – Fonctionnement crédit relais

Le crédit relais est-il accessible à tous ?
Non, il est réservé aux profils stables disposant d’un bien immobilier à vendre et de revenus suffisants pour supporter la double charge financière. Les banques sélectionnent fortement les dossiers pour limiter leur risque et refusent la majorité des profils déjà fragiles. L’accès au relais dépend donc autant du patrimoine que de la solidité professionnelle.

Que se passe-t-il si le bien ne se vend pas ?
Si le bien ne se vend pas, l’emprunteur doit rembourser le capital par d’autres moyens, ce qui implique souvent un refinancement ou la transformation du relais en crédit classique. Dans les situations extrêmes, cela peut conduire à une vente précipitée à un prix inférieur au marché. Le risque principal est donc une perte financière significative et une pression psychologique importante.

Peut-on rembourser un crédit relais par anticipation ?
Oui, le crédit relais est généralement remboursable par anticipation sans pénalités importantes. Cela permet de solder le prêt dès que la vente est réalisée. Dans certains contrats, des frais peuvent toutefois s’appliquer, d’où l’importance de vérifier les conditions exactes avant signature.

Le crédit relais est-il risqué ?
Oui, car il repose sur une hypothèse de vente future qui peut ne pas se concrétiser dans les délais prévus. Le risque est principalement financier mais aussi psychologique. Plus le marché est incertain, plus le niveau de risque augmente, surtout pour les profils déjà fortement endettés.

Faut-il toujours préférer le crédit relais ?
Non, il ne convient pas à tous les profils. Il est adapté aux situations stables et aux marchés fluides. Dans les contextes tendus, il peut être plus prudent de vendre avant d’acheter ou d’opter pour des solutions alternatives, même si elles sont moins confortables.

Conclusion

Le fonctionnement du crédit relais repose sur un mécanisme simple en apparence, mais complexe dans ses conséquences financières. Il permet d’acheter avant de vendre, ce qui offre une grande souplesse immobilière, mais expose à une double charge et à un risque de non-vente. Le crédit relais doit être utilisé avec une grande prudence, en tenant compte du contexte du marché, de la solidité financière personnelle et de la capacité à supporter une période de transition parfois longue et stressante. Bien maîtrisé, il constitue un outil efficace de mobilité immobilière. Mal anticipé, il peut devenir un facteur de fragilisation financière durable.

Boris Intini est le Directeur Général de PraxiFinance. Régulièrement invité dans les médias pour partager son expertise sur la monétisation immobilière, il contribue à l’enrichissement du site par la rédaction d’articles dédiés aux eneux des propriétaires en recherches actives de liquidités.

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