Financer une reprise d’entreprise sans apport

Boris Intini
Directeur général de PraxiFinance
Mis à jour le
14 January 2026

La reprise d’entreprise sans apport est souvent présentée comme impossible. Dans les faits, elle est surtout incompatible avec les critères bancaires classiques, qui exigent aujourd’hui presque systématiquement un apport personnel de 20 à 30 %, voire davantage.

Pourtant, de nombreux repreneurs disposent :

  • d’une expérience solide,
  • d’un projet crédible,
  • d’une entreprise cible rentable,
  • et parfois d’un patrimoine immobilier personnel, non exploité dans le montage bancaire.

Financer une reprise d’entreprise sans apport ne relève donc pas de l’utopie, mais d’une approche différente du financement, plus patrimoniale, plus structurée et souvent plus efficace.

Pourquoi les banques exigent-elles un apport pour une reprise ?

Les banques raisonnent selon une logique de risque standardisée :

  • dilution du risque du prêteur,
  • engagement financier personnel du repreneur,
  • couverture partielle en cas d’échec,
  • respect de ratios prudentiels stricts.

Même lorsque :

  • la cible est rentable,
  • le business plan est solide,
  • le repreneur est expérimenté,

l’absence d’apport personnel constitue un motif de refus fréquent.

Ce que les banques financent… et ce qu’elles ne financent pas

Généralement financé

  • une partie du prix d’acquisition,
  • le fonds de commerce,
  • certains investissements matériels.

Peu ou mal financé

  • la reprise sans apport,
  • le besoin en fonds de roulement post-reprise,
  • la trésorerie de sécurité,
  • les situations atypiques ou patrimoniales.

C’est précisément sur ces points que des solutions alternatives prennent tout leur sens.

Le crédit hypothécaire : levier central pour financer une reprise sans apport

Principe

Le crédit hypothécaire consiste à utiliser la valeur d’un bien immobilier :

  • détenu par le repreneur à titre personnel,
  • ou via une structure patrimoniale (SCI),

pour dégager une trésorerie permettant de :

  • constituer un apport indirect,
  • financer tout ou partie de la reprise,
  • couvrir le BFR post-acquisition.

Pourquoi le crédit hypothécaire change la donne

Contrairement à un crédit bancaire classique :

  • il repose d’abord sur la valeur du patrimoine, non sur le seul revenu,
  • il permet d’emprunter à partir de 100 000 €, parfois jusqu’à 60 % de la valeur du bien,
  • il offre des durées longues, compatibles avec une reprise.

Il permet ainsi de recréer un apport sans mobiliser de liquidités existantes.

Cas typiques d’utilisation

  • reprise de PME ou TPE,
  • rachat de parts sociales,
  • transmission familiale,
  • rachat d’entreprise par un dirigeant salarié,
  • reprise avec montage holding.

Financer le BFR post-reprise : un point souvent négligé

Beaucoup de reprises échouent non pas sur le prix d’acquisition, mais sur le BFR post-reprise :

  • décalage clients,
  • charges immédiates,
  • trésorerie insuffisante.

Le crédit hypothécaire permet :

  • de sécuriser la trésorerie dès le départ,
  • d’éviter une asphyxie financière,
  • de reprendre l’entreprise dans de bonnes conditions.

Quand le crédit bancaire est refusé : la vente à réméré comme solution transitoire

Principe

La vente à réméré permet à un propriétaire :

  • de vendre temporairement un bien immobilier,
  • d’obtenir rapidement des liquidités,
  • tout en conservant un droit de rachat dans un délai défini.

Il s’agit d’une opération patrimoniale encadrée juridiquement, réalisée chez notaire.

Dans quels cas l’utiliser pour une reprise ?

La vente à réméré est utilisée lorsque :

  • la reprise est urgente,
  • les banques refusent toute intervention,
  • la situation financière est temporairement dégradée,
  • le temps manque pour structurer un crédit classique.

Elle constitue une solution de transition, jamais une solution de long terme.

Exemple concret de reprise sans apport

Situation

  • repreneur expérimenté,
  • entreprise cible valorisée : 800 000 €,
  • aucun apport disponible,
  • bien immobilier personnel valorisé : 1 200 000 €.

Montage

  • crédit hypothécaire de 450 000 €,
  • apport indirect constitué,
  • complément bancaire accepté,
  • trésorerie post-reprise sécurisée.

Résultat : reprise finalisée sans apport personnel initial.

Les erreurs fréquentes à éviter

  • attendre un refus bancaire définitif,
  • vendre un bien dans l’urgence,
  • sous-estimer le BFR post-reprise,
  • confondre solution rapide et solution durable.

FAQ – Financer une reprise d’entreprise sans apport

Est-il vraiment possible de reprendre une entreprise sans apport ?
Oui, sous conditions, notamment en présence d’un patrimoine immobilier.

Le crédit hypothécaire est-il compatible avec une reprise ?
Oui, c’est l’un des leviers les plus utilisés dans ce contexte.

La vente à réméré est-elle risquée ?
Elle doit être utilisée avec prudence et uniquement comme solution temporaire.

Peut-on financer le BFR avec ces solutions ?
Oui, c’est même souvent indispensable.

Ces montages sont-ils légaux ?
Oui, ils sont strictement encadrés juridiquement et notarialement.

Conclusion

Financer une reprise d’entreprise sans apport nécessite de sortir des schémas bancaires traditionnels.
Pour les repreneurs disposant d’un patrimoine immobilier, le crédit hypothécaire constitue aujourd’hui la solution la plus structurante et la plus crédible.

Lorsque l’urgence impose d’agir vite, la vente à réméré peut permettre de franchir un cap temporaire, à condition d’être parfaitement encadrée.

La clé n’est pas l’absence d’apport, mais la capacité à structurer intelligemment le financement.

Boris Intini est le Directeur Général de PraxiFinance. Régulièrement invité dans les médias pour partager son expertise sur la monétisation immobilière, il contribue à l’enrichissement du site par la rédaction d’articles dédiés aux eneux des propriétaires en recherches actives de liquidités.

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