Être « fiché Banque de France » est une expression courante, mais juridiquement imprécise. La Banque de France ne décide ni ne sanctionne : elle centralise et met à disposition des établissements financiers plusieurs fichiers réglementaires, dont les inscriptions résultent d’événements précis (incidents de paiement, interdictions bancaires, procédures collectives). Comprendre quel fichier est concerné, pour quelle raison, et selon quelles règles il peut être levé est indispensable pour agir efficacement et éviter les erreurs fréquentes.
Qu’appelle-t-on réellement le fichage Banque de France ?
La Banque de France gère plusieurs fichiers distincts, chacun ayant un objet précis.
Les principaux fichiers
1. FICP – Fichier des incidents de remboursement des crédits aux particuliers
Il recense :
- les incidents de paiement caractérisés sur des crédits (immobiliers ou à la consommation),
- les personnes faisant l’objet d’une procédure de surendettement.
Il ne concerne que le crédit, pas les incidents de compte courant.
2. FCC – Fichier central des chèques
Il recense :
- les interdictions d’émettre des chèques,
- certaines interdictions d’utilisation de cartes bancaires,
à la suite d’incidents précis (chèque sans provision, usage abusif).
3. FIBEN – Fichier bancaire des entreprises
Il concerne :
- les entreprises,
- les dirigeants,
dans un cadre d’analyse du risque bancaire professionnel.
Il ne s’agit pas d’un fichier d’interdiction, mais d’un outil d’information.
Parler d’un « fichage Banque de France » sans distinguer ces fichiers est une erreur courante.
Les conséquences du fichage Banque de France
Accès au crédit
Lorsqu’un établissement étudie une demande de financement, il consulte :
- le FICP pour les particuliers,
- le FCC pour les moyens de paiement.
Une inscription peut entraîner :
- un refus de crédit,
- des conditions plus restrictives,
- ou un report de décision.
Aucun refus n’est juridiquement automatique, mais la pratique bancaire est très prudente.
Moyens de paiement
Selon le fichier concerné :
- interdiction d’émettre des chèques,
- retrait ou limitation de carte bancaire,
- obligation d’utiliser des moyens de paiement alternatifs.
Ces mesures ne relèvent pas d’une sanction pénale, mais d’une protection du système bancaire.
Vie quotidienne : attention aux exagérations
Le fichage Banque de France :
- n’interdit pas de louer un logement,
- n’interdit pas de travailler,
- n’entraîne pas de saisie automatique.
Toutefois, il peut indirectement compliquer certaines démarches lorsque des organismes privés exigent des garanties financières.

Exemple réaliste de situation de fichage
Monsieur Dupont connaît plusieurs retards sur un crédit à la consommation.
Après un incident non régularisé, l’établissement déclare l’incident au FICP.
Conséquences :
- refus d’un nouveau crédit,
- surveillance accrue du compte,
- maintien possible des moyens de paiement courants.
Après négociation avec son créancier, Monsieur Dupont régularise sa dette.
Le créancier signale alors la régularisation, entraînant la radiation du FICP selon les délais réglementaires.
La Banque de France n’intervient pas comme négociateur, uniquement comme gestionnaire du fichier.
Comment sortir légalement d’un fichage Banque de France ?
1. Régularisation de la situation
Le moyen principal de sortie du FICP ou du FCC reste :
- le paiement intégral de la dette,
- ou la régularisation de l’incident.
La radiation intervient après déclaration du créancier, ou automatiquement à l’échéance légale.
2. Procédure de surendettement
En cas de difficultés structurelles :
- un dossier peut être déposé auprès de la Banque de France,
- un plan peut être mis en place,
- la durée d’inscription est alors encadrée par la loi.
Le surendettement n’est pas un effacement automatique, mais un cadre juridique de traitement.
3. Erreur ou anomalie
En cas d’erreur avérée :
- une demande de rectification peut être faite,
- la Banque de France vérifie auprès du déclarant,
- la CNIL peut être saisie uniquement pour un problème de données, pas pour décider d’un défichage.
Durée des inscriptions (règles légales)
- FICP (incident de paiement) : jusqu’à 5 ans maximum.
- FICP (surendettement) : jusqu’à 7 ans, avec réductions possibles.
- FCC (chèque) : jusqu’à régularisation.
- FIBEN : durée variable, liée à l’activité économique.
Ces durées ne sont pas négociables individuellement.
Solutions patrimoniales : prudence absolue
Aucune solution financière ne « supprime » un fichage par elle-même.
Certaines opérations patrimoniales peuvent :
- permettre de dégager des liquidités,
- solder des dettes,
- et seulement ensuite, conduire à une radiation si les conditions légales sont réunies.
Toute présentation laissant entendre une « sortie rapide garantie » est fausse juridiquement.
FAQ
Qu’est-ce que le fichage Banque de France ?
Le fichage Banque de France est l’inscription dans des fichiers qui recensent les incidents bancaires ou financiers des particuliers ou entreprises.
Combien de temps dure un fichage ?
La durée varie, généralement de 1 à 5 ans selon le type d’incident et le fichier concerné.
Qu’est-ce que le fichage Banque de France ?
C’est l’inscription dans un ou plusieurs fichiers réglementaires, à la suite d’événements précis.
Combien de temps dure un fichage ?
Selon le fichier : de quelques mois à plusieurs années, dans des limites fixées par la loi.
Peut-on obtenir un crédit en étant fiché ?
C’est possible dans des cas très spécifiques, mais cela reste exceptionnel.
Qui décide du défichage ?
Le créancier ou la loi, jamais la Banque de France seule.
La Banque de France peut-elle effacer un fichage sur demande ?
Non, hors erreur avérée ou cadre légal précis.


.png)
