Crédit à la consommation supérieur à 75 000 €

Boris Intini
Directeur général de PraxiFinance
Mis à jour le
14 January 2026

En France, le crédit à la consommation est l’un des modes de financement les plus utilisés par les particuliers. Rapide, standardisé, largement distribué, il répond à une multitude de besoins du quotidien. Mais cette simplicité apparente cache une limite structurelle majeure : son plafond légal est fixé à 75 000 euros. Dès lors qu’un besoin de financement dépasse ce seuil, le crédit à la consommation cesse d’être une option. Et contrairement à une idée largement répandue, ce plafond ne dépend ni des revenus, ni du patrimoine, ni du profil de l’emprunteur. Il s’agit d’une limite juridique stricte, prévue par le Code de la consommation. Cette réalité concerne aujourd’hui un nombre croissant de ménages et de dirigeants. Inflation, fiscalité, successions complexes, besoins de trésorerie professionnelle ou personnelle : de nombreuses situations légitimes exigent bien plus de 75 000 euros, sans pour autant justifier la vente d’un bien immobilier. La question n’est donc pas de savoir s’il est possible d’obtenir un crédit à la consommation supérieur à 75 000 euros - ce n’est pas le cas - mais quelles solutions alternatives existent, et dans quel cadre elles peuvent être mises en œuvre de manière sérieuse, légale et sécurisée.

Crédit à la consommation : définition précise et cadre juridique

Le crédit à la consommation regroupe l’ensemble des prêts accordés à des particuliers pour financer des dépenses autres que l’acquisition ou la construction d’un bien immobilier.

Il inclut notamment :

  • les prêts personnels,
  • les crédits affectés (travaux, automobile, équipements),
  • les crédits renouvelables,
  • certaines opérations de rachat de crédits.

Ces crédits sont strictement encadrés par le Code de la consommation, qui impose :

  • un plafond maximal de 75 000 €,
  • une information détaillée de l’emprunteur,
  • un délai de rétractation,
  • une analyse de solvabilité fondée principalement sur les revenus.

Ce cadre vise avant tout à protéger les particuliers contre des engagements excessifs et à limiter les situations de surendettement.

Pourquoi le plafond de 75 000 € existe réellement

Le plafond du crédit à la consommation n’est pas un hasard réglementaire. Il repose sur une logique économique et sociale claire.

Le crédit conso est conçu comme :

  • un financement court à moyen terme,
  • reposant sur la capacité de remboursement mensuelle,
  • sans garantie réelle significative.

Au-delà de 75 000 €, le législateur considère que :

  • le risque financier devient structurel,
  • le remboursement ne peut plus reposer uniquement sur les revenus,
  • une analyse patrimoniale devient indispensable.

C’est à ce stade que le financement bascule juridiquement vers d’autres catégories : crédit immobilier, crédit hypothécaire ou opérations patrimoniales spécifiques.

Peut-on contourner le plafond de 75 000 € ?

La réponse est non, et il est essentiel de le dire clairement.

Certaines pratiques sont parfois évoquées :

  • souscrire plusieurs crédits successifs,
  • multiplier les prêteurs,
  • passer par des plateformes en ligne,
  • recourir à des rachats partiels.

Dans les faits, ces approches conduisent le plus souvent à :

  • un refus global,
  • une dégradation du profil bancaire,
  • un fichage,
  • une perte de temps incompatible avec l’urgence du besoin.

Aucune banque sérieuse ne proposera légalement un crédit à la consommation supérieur à 75 000 €.

Les besoins qui dépassent structurellement 75 000 €

Contrairement aux idées reçues, les besoins supérieurs à 75 000 € ne sont pas marginaux. Ils concernent aujourd’hui une large partie de la population propriétaire.

Parmi les situations les plus fréquentes :

  • règlement de droits de succession,
  • paiement d’une dette fiscale ou d’un redressement,
  • financement d’une soulte en cas de divorce ou d’indivision,
  • trésorerie personnelle ponctuelle,
  • besoin professionnel temporaire non finançable par la banque,
  • restructuration de dettes,
  • anticipation d’une vente dans un marché bloqué.

Dans ces cas, le problème n’est pas l’absence de patrimoine, mais l’inadéquation du crédit à la consommation.

Propriétaire : pourquoi votre situation est fondamentalement différente

Un propriétaire immobilier ne doit pas être analysé comme un simple emprunteur.

Même avec :

  • des revenus fluctuants,
  • un taux d’endettement élevé,
  • un refus bancaire récent,

il détient un actif réel, tangible, valorisable : un bien immobilier.

Ce bien constitue une réserve de valeur qui peut être mobilisée sans nécessairement être vendue, à condition de sortir de la logique du crédit à la consommation.

Changer de logique : du crédit conso au financement patrimonial

Lorsque le plafond des 75 000 € est atteint, la seule approche pertinente consiste à changer de logique, pas à forcer le système bancaire.

Le financement patrimonial repose sur :

  • la valeur du bien immobilier,
  • la qualité juridique de la garantie,
  • une analyse globale de la situation.

Il ne s’agit plus de “prêter sur salaire”, mais de mobiliser un actif existant.

Le crédit hypothécaire : l’alternative centrale

Le crédit hypothécaire permet à un propriétaire d’obtenir des liquidités en mettant un bien immobilier en garantie, sans être soumis au plafond du crédit à la consommation.

Caractéristiques principales :

  • montants à partir de 100 000 €,
  • jusqu’à 50 à 60 % de la valeur du bien,
  • utilisation libre des fonds,
  • acte notarié,
  • cadre juridique ancien et sécurisé.

Contrairement au crédit conso, le crédit hypothécaire ne repose pas exclusivement sur les revenus. Il permet d’adapter le montage à la réalité patrimoniale du propriétaire.

Autres solutions de monétisation immobilière

Selon la situation, d’autres dispositifs peuvent être envisagés :

Vente avec faculté de rachat

Permet d’obtenir des liquidités immédiates tout en conservant la possibilité de racheter le bien ultérieurement.

Vente avec complément de prix

Solution transitoire permettant d’anticiper une vente future tout en obtenant des fonds immédiatement.

Prêt viager hypothécaire

Destiné principalement aux seniors, sans remboursement de capital de leur vivant.

Ces solutions ne sont ni interchangeables ni universelles. Elles doivent être analysées au cas par cas, dans une logique de préservation du patrimoine.

Exemple chiffré détaillé

Un propriétaire détient un bien estimé à 1 000 000 €.
Il a besoin de 150 000 € pour faire face à une situation urgente.

  • Crédit conso : impossible (plafond légal).
  • Rachat de crédits : refus.
  • Vente immédiate : défavorable.

Solution patrimoniale :

  • crédit hypothécaire à 15 % de la valeur du bien,
  • fonds débloqués rapidement,
  • aucune obligation de vendre,
  • maîtrise totale du calendrier.

Tableau comparatif – Financements au-delà de 75 000 €

Éléments
Crédit à la consommation
Crédit hypothécaire
Bon à savoir
Montant maximal
75 000 € maximum
100 000 € à 60 % de la valeur du bien
Plafond légal strict pour le crédit conso
Durée
12 à 84 mois
5 à 25 ans (amortissable ou in fine)
Durée ajustable selon le projet
Critère principal d’acceptation
Revenus et taux d’endettement
Valeur du bien immobilier
Le patrimoine prime sur le salaire
Garantie exigée
Aucune garantie réelle
Hypothèque notariée
Cadre juridique sécurisé
Utilisation des fonds
Libre mais plafonnée
Libre (trésorerie, dettes, projets)
Aucune justification bancaire lourde
Frais
Frais bancaires intégrés au taux
Frais ≈ 8,5 %
Coût visible et encadré
Délais d’obtention
Rapide (quelques jours)
3 à 8 semaines en moyenne
Compatible avec une urgence structurée
Adapté au-delà de 75 000 €
Non
Oui
Solution de référence pour les propriétaires

Pourquoi ces solutions restent méconnues en France

La culture financière française reste très bancaire et très conservatrice.
Le mot hypothèque est souvent perçu comme un danger, alors qu’il s’agit d’un outil juridique structurant, utilisé quotidiennement dans les grandes opérations patrimoniales.

Le véritable problème n’est pas le risque, mais :

  • le manque d’information,
  • l’absence d’accompagnement,
  • la confusion entre crédit conso et financement patrimonial.

FAQ complète – Crédit à la consommation supérieur à 75 000 €

Peut-on légalement dépasser 75 000 € en crédit conso ?
Non, le plafond est absolu.

Pourquoi les banques refusent-elles systématiquement ?
Parce qu’elles n’en ont pas le droit.

Existe-t-il des banques étrangères pour contourner la règle ?
Non pour le crédit conso. Le droit s’applique dès lors que l’emprunteur réside en France.

Peut-on cumuler plusieurs crédits ?
C’est possible techniquement, mais rarement viable.

Le crédit hypothécaire est-il réservé aux hauts revenus ?
Non. Il repose avant tout sur la valeur du bien.

Faut-il vendre son bien ?
Non, pas nécessairement.

Les fonds sont-ils libres d’utilisation ?
Oui, selon le montage retenu.

Quel est le délai moyen ?
Quelques semaines, parfois moins.

Y a-t-il un risque réel ?
Comme toute opération financière, il existe des risques, mais ils sont encadrés juridiquement.

Ces solutions sont-elles adaptées aux urgences ?
Oui, lorsqu’elles sont correctement structurées.

Conclusion

Le crédit à la consommation supérieur à 75 000 euros n’existe pas en France.
Mais l’absence de cette solution ne signifie pas l’absence d’alternative.

Pour les propriétaires, le véritable levier n’est pas le crédit conso, mais la valeur de leur patrimoine immobilier, à condition de l’analyser sérieusement et sans promesse inutile.

Un échange direct et confidentiel permet de déterminer rapidement si une solution existe, et surtout à quelles conditions.

Boris Intini est le Directeur Général de PraxiFinance. Régulièrement invité dans les médias pour partager son expertise sur la monétisation immobilière, il contribue à l’enrichissement du site par la rédaction d’articles dédiés aux enjeux des propriétaires en recherches actives de liquidités.

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