Besoin en fonds de roulement (BFR)

Boris Intini
Directeur général de PraxiFinance
Mis à jour le
14 January 2026

Le besoin en fonds de roulement (BFR) est l’un des indicateurs financiers les plus mal compris… et pourtant l’un des plus déterminants pour la survie d’une entreprise. De nombreuses sociétés rentables sur le papier rencontrent des difficultés non pas par manque d’activité, mais par tension de trésorerie liée à un BFR mal maîtrisé. Délais de paiement clients trop longs, charges immédiates, stocks immobilisés : le BFR traduit un décalage structurel entre ce que l’entreprise doit payer et ce qu’elle encaisse réellement.

Comprendre, calculer et financer correctement son BFR est donc un enjeu central, aussi bien pour :

  • les dirigeants de TPE et PME,
  • les professions libérales,
  • les sociétés patrimoniales,
  • les structures en croissance ou en tension.

Qu’est-ce que le besoin en fonds de roulement (BFR) ?

Le BFR correspond au montant de trésorerie nécessaire pour couvrir le décalage entre :

  • les dépenses d’exploitation (charges, fournisseurs, salaires),
  • et les encaissements clients.

Autrement dit, c’est l’argent que l’entreprise doit avancer pour fonctionner normalement.

Un BFR :

  • positif signifie que l’entreprise doit financer ce décalage,
  • négatif signifie que l’activité génère de la trésorerie.

Comment se calcule le BFR ?

La formule classique est la suivante :

BFR = Stocks + Créances clients – Dettes fournisseurs

Chaque composante joue un rôle clé :

  • les stocks immobilisent de la trésorerie,
  • les créances clients retardent les encaissements,
  • les dettes fournisseurs allègent temporairement la pression financière.

Pourquoi le BFR augmente-t-il ?

Allongement des délais clients

Plus les clients paient tard, plus la trésorerie est sollicitée.

Croissance rapide de l’activité

Une hausse du chiffre d’affaires non anticipée entraîne souvent un besoin de financement immédiat.

Charges fixes élevées

Salaires, loyers, fiscalité et charges sociales doivent être réglés indépendamment des encaissements.

Stocks importants

Fréquent dans le BTP, l’industrie, le commerce ou la promotion immobilière.

BFR et trésorerie : une confusion fréquente

Une entreprise peut :

  • être rentable,
  • dégager un résultat positif,
  • mais manquer de trésorerie à cause d’un BFR trop élevé.

Le BFR n’est pas un problème de rentabilité, mais un problème de timing financier.

Les conséquences d’un BFR mal financé

  • découverts bancaires répétés,
  • retards de paiement,
  • stress permanent du dirigeant,
  • dépendance excessive aux banques,
  • risque de cessation de paiements.

Dans de nombreux cas, le BFR devient un frein au développement, voire un facteur de fragilité structurelle.

Comment réduire son besoin en fonds de roulement ?

Agir sur les encaissements

  • raccourcir les délais clients,
  • demander des acomptes,
  • renforcer le suivi des règlements.

Optimiser les stocks

  • ajuster les volumes,
  • réduire les immobilisations inutiles.

Négocier les fournisseurs

  • allonger les délais,
  • lisser les échéances.

Mais ces leviers ont souvent des limites opérationnelles.

Comment financer le BFR ?

Lorsque l’optimisation interne ne suffit plus, le financement devient nécessaire.

Solutions bancaires classiques

  • découvert,
  • affacturage,
  • crédit de trésorerie.

Souvent coûteuses, limitées et conditionnées aux revenus.

Solutions patrimoniales adossées à l’immobilier

Pour les dirigeants et associés propriétaires d’un bien immobilier, il existe des solutions permettant de financer le BFR autrement.

Le crédit hypothécaire, par exemple, permet :

  • de mobiliser une partie de la valeur d’un bien,
  • d’obtenir une trésorerie significative,
  • sans dépendre uniquement des flux d’exploitation.

Cette approche est particulièrement utilisée pour :

  • lisser un BFR structurel,
  • financer une phase de croissance,
  • absorber un pic d’activité,
  • sécuriser l’entreprise sans la fragiliser.

Exemple concret de financement du BFR

  • PME en croissance
  • BFR structurel : 250 000 €
  • Bien immobilier détenu par le dirigeant : 900 000 €

Mise en place :

  • crédit hypothécaire adossé au bien,
  • trésorerie injectée dans l’entreprise,
  • BFR couvert sans pression bancaire court terme.

Résultat :

  • trésorerie stabilisée,
  • activité sécurisée,
  • développement poursuivi sereinement.

BFR et professions concernées

Le besoin en fonds de roulement concerne particulièrement :

  • le BTP,
  • les promoteurs immobiliers,
  • les professions libérales,
  • les entreprises de services,
  • les structures en forte croissance.

FAQ – Besoin en fonds de roulement (BFR)

Qu’est-ce qu’un bon BFR ?
Il dépend de l’activité. Un BFR élevé n’est pas mauvais s’il est financé.

Un BFR négatif est-il idéal ?
Pas toujours. Il peut cacher une dépendance excessive aux fournisseurs.

Le BFR concerne-t-il les petites entreprises ?
Oui, souvent plus encore que les grandes.

Peut-on financer son BFR sans banque ?
Oui, notamment via des solutions patrimoniales adossées à l’immobilier.

Le crédit hypothécaire est-il adapté au BFR ?
Oui, pour les dirigeants propriétaires cherchant une solution durable.

Conclusion

Le besoin en fonds de roulement n’est ni une anomalie ni une faiblesse.
C’est une réalité économique normale, mais qui doit être comprise, anticipée et financée.

Lorsqu’il devient structurel, le financement du BFR ne peut pas reposer uniquement sur des solutions court terme.
Pour les dirigeants disposant d’un patrimoine immobilier, des solutions existent pour stabiliser la trésorerie sans fragiliser l’entreprise.

Boris Intini est le Directeur Général de PraxiFinance. Régulièrement invité dans les médias pour partager son expertise sur la monétisation immobilière, il contribue à l’enrichissement du site par la rédaction d’articles dédiés aux eneux des propriétaires en recherches actives de liquidités.

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